Le blog d’info d’Hervé Segata

GAY… URUGUAY ! (publié dans PREF Mag n°38, Mai 2010)
10 avril, 2010, 8:22
Classé dans : Montevideo,PREF,Punta del Este,Uruguay

Vous hésitez entre les plages du Brésil et les Andes Argentines ? Choisissez… l’Uruguay ! Coincé entre le géant de la Samba et la Pampa des gauchos argentins, l’Uruguay est un petit paradis naturel, vert et bleu. Préparez-vous à connaitre l’un des peuples les plus enchanteurs d’Amérique du Sud. Les uruguayens sont beaux, chaleureux et… authentiques. Ca vous changera des gym queens pimbêches de la capitale ! Petit périple en cinq étapes dans ce tout petit pays méconnu mais bourré de charme. 

PUNTA DEL ESTE. Durant l’été austral, c’est THE place to be en Amérique du sud. A l’origine lieu privilégié de la jeunesse dorée Argentine (les plages de Punta del Este sont à 3 heures de bateau de Buenos Aires), Punta del Este est à peu à peu devenue la station d’été hédoniste de toute l’Amérique du Sud aisée.  Un Saint-Tropez latino en quelque sorte. Mais au delà des yachts tape à l’ oeil, des boutiques de luxe et des boites branchées, Punta del Este, ce sont des kilomètres de magnifique plage déserte… dont la fameuse Chihuahua !

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Chihuahua, ce n’est pas seulement le nom d’un chien ou d’une chanson ridicule. A Punta, c’est le point de rencontre gay le plus populaire. Située à un petit quart d’heure en voiture du centre-ville, Chihuahua est la seule plage naturiste d’Uruguay. Du coup, tout le monde s’en donne a cœur joie. Début janvier, la plage explose. A cette époque, les dunes deviennent un bordel à ciel ouvert. Alors que les touristes argentins et brésiliens font les stars, vous pourrez tenter d’entrer en contact avec la population locale, beaucoup plus accessible et franchement sexy. Le reste de l’été, la plage est beaucoup plus paisible mais reste un lieu de drague agréable. 

Badigeonnés de protection solaire, facteur 50 (nous sommes dans l’hémisphère sud, n’oubliez pas, dans cette partie du globe, la couche d’ozone est tendue comme un string), mes deux compagnons de voyage argentins, Carlitos et Fernando, partent s’aventurer dans les dunes derrière la plage. Moi, je préfère bouquiner  sur ma serviette et écouter le son des vagues. Il est tôt et je suis bien décidé à ne pas laisser ma libido m’imposer son rythme dés le matin. Mes amis reviennent ravis de leur petite excursion coquine. Chacun y a trouvé son bonheur (le mot est sans doute un peu fort). On passe l’après-midi au soleil, couché sur le sable comme trois éléphants de mer en décomposition. De temps à autre, on pique une tête dans l’eau claire, histoire de se rafraichir un peu. C’est la première fois que je fais du naturisme et je me dis que j’ai été idiot d’attendre 35 ans pour m’y mettre. N’étant pas hollandais et n’ayant pas de longues moustaches blondes, j’ai longtemps pensé que c’était un plaisir auquel je ne pouvais prétendre. 

Outre ses dunes « chaudes », l’endroit est réputé pour ses couchers de soleil, tout simplement prodigieux. Vous pourrez l’admirer les pieds dans le sable sur la plage ou bien un peu plus en hauteur, depuis Punta Ballena, un point de vue imprenable qui abrite l’hôtel Casa Pueblo, une espèce de grosse meringue très tendance.  Le soir, direction la boite gay de Punta : Kronos. Situé a proximité du port, l’endroit a des allures de club de province, surtout en basse saison. En été, les gays de Montevideo débarquent tous les week-ends a la recherche de beaux touristes (vous !) qui emplissent le lieu. L’ambiance est bon enfant et conviviale, vous n’aurez aucun mal à concrétiser avec le beau brun que vous aviez aperçu l’après-midi sur Chihuahua. Attention, tout comme en Argentine, les nuits uruguayennes commencent tard, évitez donc de vous pointer avant deux heures de mat ! JOSÉ IGNACIO. Si l’agitation de Punta del Este vous donne le tournis, filez à José Ignacio, la zone la plus exclusive du coin. A quarante minutes de route de Punta, le village, en plein boom immobilier, aligne des maisons cossues et modernes. Ici, les prix sont européens. La plage commence là ou se terminent les prairies. Tous les étés, c’est le rendez-vous de la jet-set latino. Naomi Campbell est régulièrement de passage dans le coin. Shakira y possède une estancia, tout comme la star de la télé argentine Susana Jimenez. 

PIRIAPOLIS. A une demi-heure de « Punta », cette petite ville côtière a été fondée par un seul homme, Fransisco Piria, entrepreneur uruguayen qui de retour d’Europe décida de copier ce qu’il avait vu sur le vieux continent pour développer le tourisme sur les côtes de son pays. Résultat, Piriapolis a le charme désuet de la Cote d’Azur française du début du siècle dernier. Parmi les bâtiments au style « Belle Époque », l’incontournable « Hotel Argentino ». Allez-y faire un tour, vous aurez l’impression de faire un bond dans le temps. Vous y croiserez des mamies souriantes, en bonnet de bain à fleur, qui font trempette dans des piscines d’eau de mer à différentes températures. Pour les cinéphiles, c’est dans cet hôtel qu’a été tourné le film « Whisky » (2004) petit joyau du cinéma uruguayen.

 

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CABO POLONIO. Magique. L’endroit est magique. A trois heures de route de Punta del Este, ce petit village de pêcheurs est totalement préservé. Ici, pas de camping, pas de béton, pas d’auto, pas d’internet. Seulement quelques baraques de pêcheurs posées sur le sable. On accède à cette réserve naturelle sur d’énormes jeeps qui coupent à travers dunes. Il n’y a pas d’électricité, la seule lumière visible est celle du phare qui balaye l’horizon le soir venu. Et celles des bougies que vous vous procurerez dans l’unique épicerie du village. Le ciel étoilé est un spectacle qui à lui seul vaut le détour. Le petit cap est bordé par deux plages. Sur la plage nord, vous assistez au lever du soleil, depuis la plage sud, au coucher. La plage sud est aussi le spot des surfeurs du coin. Carlitos et moi y passons donc logiquement tous nos après-midi. Outre ses surfeurs aux abdos d’acier, Cabo Polonio est également connu pour ses plages désertes et sa faune sauvage, éléphants de mer en tête. L’endroit est idéal pour s’isoler du reste du monde et passer  quelques jours en amoureux. Je reviendrai donc ici quand j’aurai (enfin) trouvé un mari digne de ce nom. MONTEVIDEO. Carlitos, enchanté par le calme de Cabo Polonio décide d’y rester deux jours de plus. Je choisis de poursuivre ma route vers Montevideo, dernière étape de ma petite escapade uruguayenne. C’est le week-end. Une petite sortie dans le milieu gay de la capitale me fera du bien après douze jours d’abstinence plus ou moins volontaire. 

Montevideo est sans doute la capitale la plus paisible d’Amérique du Sud. Le temps semble couler plus lentement ici. Les gens sont charmants et se baladent en plein centre-ville avec leur thermos d’eau chaude sous le bras et leur « maté » (1) dans la main.

 

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Tout comme sa grande sœur Buenos Aires, Montevideo aligne des bâtiments historiques au style français ou espagnol. Parmi les édifices les plus réussis, le théâtre Solis, principal théâtre d’Uruguay, construit en 1856. Si vous le pouvez, assistez à un opéra ou un ballet, la salle principale du théâtre est prodigieuse.   

Grande différence avec la capitale argentine, Montevideo est ouverte sur le Río de la Plata (fleuve-mer qui sépare l’Argentine de l’Uruguay). Alors que Buenos Aires tourne le dos au fleuve, Montevideo l’a complètement intégré dans son plan d’urbanisme. Résultat, plusieurs plages urbaines très chouettes, dont Punta Caretas et Los Pocitos, idéales pour le footing, le volley et…la drague. La promenade côtière est très agréable. Le week-end, tous les habitants de la ville se retrouvent le long du fleuve pour déguster un maté en attendant que le soleil plonge dans le Río. C’est justement en regardant le coucher du soleil que je rencontre Moises, petit brun au sourire lumineux qui m’invite à partager son thermos d’eau chaude. C’est un bon début. J’en profite pour me renseigner sur la vie gay locale. Et j’apprends que l’adoption pour les couples de même sexe est autorisée en Uruguay depuis 2009. Les pays les plus développés ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Samedi soir. Sur les conseils de Moises, je file à Small, le principal pub gay de la ville. La devanture est discrète, la décoration plutôt sommaire et l’endroit est bondée d’une foule mixte détendue et bon enfant. Small est un lieu ou l’on se retrouve avant de sortir.  « C’est l´étape obligée avant d’aller a Cain, la plus grande boite gay du pays » m’explique Sergio, jeune black souriant. Contrairement a l’Argentine ou elle a été entièrement décimée par les guerres et la maladie, la communauté noire représente ici une part significative de la population. Elle maintient la tradition du « Candombe », un rythme ancestral importé par les esclaves africains qui ont débarqué sur les côtes du Río de La Plata. Un rythme encore très présent au moment du Carnaval qui fait vibrer tout le pays en février. 

Une fois mon énorme bouteille de Patricia (bière blonde locale) avalée, je décide de suivre Sergio et ses amis, direction «  Cain Dance Club ». Deux pistes bondées réparties sur deux étages. Une piste électro, une autre surmontée par un écran géant et sur laquelle les mecs se lâchent sur la pop latino du moment. A côté de la piste, un bar lounge pour converser tranquillement, avec un spectacle de travestis, classique mais drôle. Le public est très varié, des gym queens bronzées aux petits machos en baggy en passant par les folles super lookées. Au delà des différences de style, tout le monde a la banane. Je suis ravi de constater que les uruguayens n’ont pas oublié leur convivialité une fois franchie l’entrée de la boite. Parmi la horde de mecs qui sautent sur le dernier tube de Miranda (groupe de pop argentin très en vogue dans le cône sud), j’aperçois Moises, mon guide improvisé de la fin d’après-midi. Les trois gin-tonic aidant, je me dirige sans trembler vers le milieu de la piste. Et je sens s’approcher avec soulagement la fin ma « longue » période d’abstinence sexuelle. Dimanche 13 heures. Je quitte Moises et décide d’aller me perdre dans les rues de la vieille ville, à l’ombre des énormes grues du port. Le quartier est populaire et n’est pas sans rappeler les ports du sud de l’Italie. Petite caractéristique de Montevideo : la proximité du fleuve fait que tous les mecs ont « l’énervante » manie de se balader sans tee-shirt dans les rues de la ville. Je retrouve Carlitos tout juste rentré de Cabo Polonio pour un déjeuner au Mercado del Puerto, un énorme marché couvert qui concentre chiviterias (restaurants de viande grillée typiques) et brasseries de fruits de mer. 

Une fois le chivito digéré, direction Palermo. Un quartier traditionnel où chaque coin de rue abrite un bar ancien, peuplé d’une clientèle d’habitués nostalgiques. Carmen, veuve espagnole et propriétaire du bar Montevideo Sur se rappelle du jour ou elle est arrivée en Uruguay. « J’avais vingt cinq ans. L’homme que j’aimais est venu s’installer en Uruguay. Après cinq de correspondance, j’ai décidé de le rejoindre. Le jour où je suis descendue du bateau, quand je l’ai reconnu, j’étais pétrifiée et je faisais semblant de ne pas le voir. Quelle idiote ! » raconte-t-elle, des larmes dans les yeux. «  Elle a passé quarante de sa vie dans ce bar. Et quand on lui dit qu’on aime l’endroit, elle s’exclame « Il vous plait mon bar, je vous le laisse ! ». On quitte Carmen et poursuit notre promenade dans ce quartier, sans doute le plus authentique de la ville. La nostalgie des lieux nous gagne. Nous montons à regret sur le ferry qui nous ramène vers Buenos Aires et son brouhaha urbain. « On revient bientôt ?». Carlitos, les yeux rivés sur Montevideo qui s’éloigne, acquiesce en silence. 

(1)     : infusion traditionnelle consommée en Argentine, Uruguay, Paraguay et au sud du Brésil. 

Pour plus d’informations sur l’Uruguay :   http://gays.deuruguay.net/ 

http://www.chuecamontevideo.com/ http://www.caindance.com/ 

http://www.puntadelesterent.com.ar/gaypuntadeleste/puntadeleste_gay_friendly.php http://www.portaldelcabo.com.uy/modules/inicio/mainFrame.php 



ARGENTINE – URUGUAY : LES PAPETERIES DE LA DISCORDE (paru dans NEOSAPIENS Nº1 – avril 2007)
3 janvier, 2007, 0:11
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Papeterie,Uruguay

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Voila presque deux ans que le conflit des « papeleras » fait les gros titres de la presse d’Argentine et d’Uruguay. La polémique a éclaté lorsque la finlandaise Botnia et l’espagnole Ence, décidèrent d’installer deux papeteries géantes en Uruguay, sur les rives du Rio Uruguay, frontière naturelle entre les deux pays. L’Argentine estime que ce projet aurait des conséquences dramatiques sur l’écosystème de sa province d’Entre Rios, et indirectement sur l’activité agricole et touristique de la zone. 

Plusieurs études scientifiques (dont une dela Banque Mondiale, financeur du projet à hauteur de 500 millions de dollars…) affirment que l’impact sur l’environnement est conforme aux normes internationales en la matière. Mais du coté argentin, on conteste ces résultats que l’on juge partiaux. La résistance s’est vite organisée. Elle a d’ailleurs permis l’émergence d’un véritable mouvement citoyen, phénomène inédit dans un pays encore peu familier avec les questions environnementales. Les associations mettent en avant le non respect par l’Uruguay du traité de 1975, qui prévoit l’accord préalable des deux pays pour toute implantation industrielle sur le fleuve. 

« Notre principal moyen d’action, c’est la coupure des ponts et des voies d’accès vers l’Uruguay. Nous sommes capables de mobiliser plus de 5000 personnes en quelques heures pour réaliser un blocus. » explique Alfredo de Angeli, représentant agricole et l’un des leaders du mouvement citoyen « No a las Papeleras ». 

A Montevideo, on estime que la dernière campagne de coupure des ponts a représenté un manque à gagner de plus de 200 millions de dollars pour le pays. Là bas, l’implantation des papeteries est très bien perçue. Une récente enquête publiée par un grand quotidien de Montevideo révèle que 76% de la population appuie le projet. Fort de ce soutien populaire, le gouvernement centre gauche de Tabaré Vasquez refuse toute négociation bilatérale tant que durera le blocus imposé à son pays par les militants argentins. Et met en avant les 12000 emplois que créeraient les usines. Un argument de poids pour ce petit pays de 3 millions d’habitants jaloux des performances économiques du grand frère argentin. 

Ce conflit a créé de fortes tensions entre deux pays historiquement connus pour leur relation pacifique et leur forte interdépendance économique. Le thème est devenu un incontournable des sommets multilatéraux sud-américains. Le Roi Juan Carlos d’Espagne, conscient de la menace que représente ce conflit sur le fragile équilibre du Mercosur (les deux pays en question en sont des membres fondateurs), a même accepté de jouer le rôle de médiateur. Avec un certain succès, puisque l’espagnole Ence a décidé de déplacer son projet vers une autre région, loin de la polémique. Rien n’indique que Botnia suive le même chemin. « Pour nous, il n’y a pourtant pas d’alternative possible, ce projet doit être définitivement abandonné » conclut De Angeli. 

Pour plus d’infos sur le sujet : www.noalapapelera.com.ar, www.clarin.com.ar, www.lanacion.com.ar 


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