Le blog d’info d’Hervé Segata

FLORIANÓPOLIS, LE TOP DU BRÉSIL (PUBLIÉ DANS LE MAGAZINE SUISSE 360°, Décembre 2009)
4 décembre, 2009, 23:27
Classé dans : Brésil,Florianopolis,gay brasil

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Coupe du Monde 2014, Jeux Olympiques 2016. Le Brésil est à la mode. Ce mois-ci, 360° vous propose de coller à la mode tout en sortant des sentiers battus. Et vous fait découvrir un coin de ce « pays continent » encore méconnu en Europe : Florianópolis. Avec un nom qui semble droit sorti d’un bouquin de science fiction, cette ville est devenue le nouvel eldorado gay d’Amérique du Sud. Et ce n’est pas de la fiction. 

Ville située sur l’île de Santa Catarina, au sud du pays, Florianópolis est depuis quelques années le rendez-vous annuel de milliers d’homos brésiliens, garçons et filles, originaires des grands centres urbains voisins tels que Sao Paulo et Porto Alegre. Ils viennent (sur)peupler les côtes de l’île pendant l’été, à la recherche d’une alternative aux plages de Rio de Janeiro. C’est que Florianópolis (Floripa pour les intimes) offre une variété inédite de plages dans cette partie de Brésil (plus de nonante référencées !).   

Difficile néanmoins de comparer Florianópolis et Rio de Janeiro. Rio sera toujours une destination mythique. Mais les mythes perdent parfois de leur authenticité. Selon Marcos Maciel, beau gosse athlétique et souriant qui a choisi de s’installer a Floripa voilà trois ans, « l’île magique » (1) présente au moins trois gros avantages sur sa grande sœur Carioca : « c’est une destination gay en plein boom alors que Rio n’est déjà plus une nouveauté, la vie y est beaucoup moins chère et c’est une ville beaucoup plus sûre ». 

Florianópolis a connu son essor dans les années septante. A l’époque les hippies se retrouvaient sur les plages peu fréquentées de l’île pour refaire le monde et consommer de la marihuana. Parallèlement, le site est devenu un spot de surf mondialement reconnu. Séduits par l’ouverture d’esprit qui y régnait, les homos ont progressivement débarqué à Floripa, qui alliait à la fois beauté des paysages, douceur de vivre et tolérance à leur égard. Si en termes de droits LGTB, le Brésil est très en retard par rapport à l’Europe ou à l’Amérique du nord, l’Etat de Santa Catarina, comme tous les Etats du sud du pays, fait preuve d’une plus grande tolérance vis-à-vis des homos. « Les Etats du Sud ont une population plus éduquée, plus riche et moins religieuse que le Nord » explique Marció, juriste de Porto Alegre. « Du coup, l’acceptation de la communauté gay, même si elle ne bénéficie pas de juridiction particulière, est généralement très forte parmi la population de l’île ». 

Si le centre-ville de Florianópolis ne présente que peu d’intérêt, vous serez frappé par la beauté naturelle de l’île qui rassemble pèle mêle plages paradisiaques  (dont certaines uniquement accessibles par des sentiers côtiers), lagunes d’eau douce et cascades perdues en pleine forêt. Vous pourrez apprécier l’omniprésence de la nature en empruntant la multitude de chemins de randonnées qui permettent de prendre de l’altitude et d’admirer la beauté des côtes. 

Alors que le lieu est encore peu connu en Europe et aux Etats-Unis, c’est un endroit de villégiature très en vogue chez les brésiliens et parmi les autres pays du Mercosur, Argentine en tête. Ici, chaque plage a ses caractéristiques et son public d’habitués. Jurere international est le rendez-vous des acteurs de telenovelas et des métrosexuels friqués. Joaquina rassemble les surfeurs et les sportifs de plein air. Ingleses est la Mecque des Argentins et Campeche ravira les amoureux de la nature et du calme.

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Le public gay a choisi de « coloniser » deux sites. La Praia Mole (prononcer « Moli ») et la Galheta. Mole est l’une des plus belles plages de l’Ile. « Ici, on dit que c’est la deuxième plage gay du Brésil après Ipanema » nous explique Joao, un surfer local. En été, l’endroit est bondé et l’ambiance est loin d’être aussi coincée que sur le sable Carioca. « Les gens sont plus détendus, souriants ». Les pieds dans le sable, vous pourrez siroter une caipirinha au Bar do Deco, une paillote située en bout de plage -particulièrement visitée le week-end – pour une drague tout en douceur.    

La Galheta, située juste à coté de Mole, est l’autre point de rencontre gay à la mode. Cette plage, ou le naturisme est optionnel, est un lieu préservé, uniquement accessible à pied. En été, l’ambiance y est festive et électrique du petit matin au coucher du soleil. « Galheta, c’est notre petite Amsterdam ! » s’exclame Paulo Frann, joli trentenaire natif de l’Ile. « Tu peux embrasser ton mec librement, fumer un joint ou te balader à poil sans devoir rendre de compte à personne ». La petite forêt située derrière la plage est le lieu des rencontres les plus « directes ». « Pendant le Carnaval, la fête peut prendre des proportions hallucinantes sur Galheta. Il m’est arrivé de voir plus de dix mecs baiser à quelques mètres seulement du sable ! » explique Gustavo Perez, cadre trentenaire qui est revenu vivre à Floripa après quinze ans d’exil à Sao Paulo.

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Selon lui, l’ile est « l’Ibiza sud-américaine». « Pendant le réveillon et le Carnaval, clubs et plages gays explosent ! L’an dernier, le New York Times a décerné à Floripa le prix de la meilleure destination mondiale pour faire la fête ».  « Floripa : The place to be » titrait l’article du prestigieux quotidien.  “C’est un mélange entre St.-Tropez et Ibiza,mais sans le snobisme et sans les prix ” résume Jeffrey Jah, mannequin Américain qui a ouvert le Praia Beach sur Jurere -l’un des spots les plus exclusifs de l’Ile-après être tombé amoureux de « ce petit écrin bleu et vert ». 

 

Si les plages ne vous suffisent pas, la movida gay nocturne est en plein boom. « Et il y en a pour tous les goûts » nous glisse Paulo. Les plus branchés choisiront Pachá. Le club légendaire d’Ibiza a ouvert l’an dernier une « filiale » sur Jurere qui ne désemplit pas. C’est le rendez-vous hebdomadaires des « beautiful people » de l’île. Autre adresse incontournables : The Week. La plus célèbre soirée électro gay de Sao Paulo organise pendant tout l’été des « circuit-parties » sur l’île, réunissant DJs internationaux et clubbers de tout le Mercosur. Moins glamour mais extrêmement gay, « Concorde », LA boite gay du centre-ville. Si vous n’avez pas osé aborder un beau surfeur sur la Galheta, ce sera peut être le lieu de la deuxième chance. Particularité de ce club ouvert tous les samedis de l’année : une partie de la piste est une plateforme circulaire qui tourne sur elle-même. Et permet de vous montrer sous toutes les coutures. C’est drôle même si on a parfois l’impression de se transformer en Renault Twingo en exposition au salon automobile de Genève. « Face à la croissance exponentielle du tourisme gay sur l’Ile, de nouveaux lieux plus ciblés ont vu le jour, tels que des clubs gay pour le public underground ou les bears » explique Paulo.

lagoinhadoleste2.jpgCoté mecs, les avis sont unanimes. « C’est au sud du pays que vous trouverez les garçons les plus sexy du Brésil! » résume Gustavo. « Les métissages entre descendants allemands, italiens, portugais, indiens, ou africains ont donné des résultats détonants ! ». « En plus, les gens passent la moitié de leur temps sur la plage et sont donc obsédés par leur corps » explique Marcos. Quand on se balade sur une plage de l’île, on se dit qu’il y a parfois des obsessions qui ont du bon. Et comme tout y est moins cher qu’à Rio, Floripa attire chaque année un public d’étudiants gays, moins riches que leurs ainés qui préfèrent flamber sur les plages d’Ipanema. Du coup, la vie gay y est souvent plus jeune et plus conviviale. « Si vous allez à Rio, vous croiserez des hordes de yankees. Á Floripa vous rencontrerez les brésiliens, les vrais !» résume Paulo. Derniers petits conseils avant de glisser vos hawaianas dans la valise. Afin de circuler plus facilement et d’apprécier toute la diversité des plages, nous vous recommandons de louer une voiture sur place. En été, la population de Floripa triple. Du coup, circuler sur l’île peut relever du parcours du combattant. Évitez donc les grasses matinées pour vous rendre tôt à la plage de votre choix. Vous aurez tout le loisir de récupérer vos heures de sommeil sous le soleil et les pieds dans l’eau… Boa viagem !  (1)     : Ilha da magia, surnom courant donné à Florianopolis par les Brésiliens. 

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 - Tout savoir sur Floripa avant de partir : 

http://www.guiafloripa.com.br 

http://www.gaytravelbrazil.com/florianopolis/home.html -

Les nuits gay à Floripa :   Concorde : www.concordeclub.com.br  Mix Café : www.mixcafe.com.br Blues Velvet : www.bluesvelvet.com.br Jivago Lounge : www.jivagolounge.com/ Rancho do Maneca : www.ranchodomaneca.com.br  Gloss : www.invistacom.com.br/glossclub/ The Week : www.theweek.com.br Pacha : www.pacha.com  Taikô : www.taikofloripa.com.br/ 



GO SOUTH WEST ! (publié dans GUS Magazine, n°41- Mai-Juin 2009)
24 mai, 2009, 5:33
Classé dans : Argentine,bonheur,Buenos Aires,Colombie,gay brasil,GUS

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L’enquête annuelle sur le bonheur dans le monde, réalisée par l’orgnisation britannique New Economics Foundation (1), a, cette année encore, placé huit pays d’Amérique Latine dans les dix pays les plus heureux de la planète. Les pays « industrialisés » figurent en retrait dans le classement (France 129éme, Etats-Unis 150éme). Les sud-américains sont-ils vraiment plus heureux que nous ? Comment cultivent-ils leur joie de vivre ? Enquête dans le Nouveau Monde. 

« Pura vida ! » (2) me lance Hernán, surfeur costaricien. C’est ainsi qu’on se salue au Costa Rica, toute génération confondue. Plus qu’un salut, c’est une philosophie de vie, un « carpe diem » version latino. Ou comment profiter au mieux de la vie et du moment présent. Une philosophie que l’on retrouve, à des degrés divers, sur tout le continent, des Andes colombiennes aux plages brésiliennes, en passant par la pampa argentine.   

 « La majorité des gens ici font face à une vraie précarité. Ils ne cherchent pas à combler des besoins débiles. La lutte est parfois le meilleur antidépresseur » explique Gilles, français expatrié depuis une sept ans au Venezuela puis en Argentine. L’absence de protection sociale et d’Etat providence génère une plus grande solidarité, palpable au sein des familles, à travers les générations, entre amis, ou dans la rue. « Les gens savent qu’ils peuvent avoir, à tout moment, besoin de l’autre. Tout comme ils sont eux-mêmes toujours prêts à aider les autres» ajoute Cristian, jeune étudiant colombien de Cali. La solidarité comme un moyen de vivre mieux, en quelque sorte. 

Alors, les latinos plus heureux que les européens ? Pour Darío Anobíle, psychologue argentin, l’explication est en grande partie sociale et… hormonale ! « Structurellement, il n’existe aucune différence entre un européen et un sud-américain. Nous avons tous la même propension à travailler, à aimer, à nous développer. Cependant, le sud-américain nait généralement dans un environnement social plus pauvre que l’européen » explique Darío. « La privation de jouets, de livres et de biens matériels décuple l’imagination de l’enfant et fait du corps sa principale source de plaisir ». Résultat de ce processus, des enfants plus actifs, plus vifs. Autrement dit, en Amérique Latine, le manque et la frustration sont générateurs de désirs plutôt que des motifs d’angoisse ou de perte de confiance, comme c’est souvent le cas en Europe. 

Beaucoup de latinos comptent presque exclusivement sur le corps pour leur procurer du plaisir (en particulier dans les zones tropicales du continent), n’ayant souvent qu’un accès limité à la société de consommation. Le corps, comme seul stimulateur, libère en grande quantité différentes hormones dites « de plaisir » telles que l’endorphine, la DHEA (« l’hormone qui rend amoureux »), ou encore la sérotonine (« hormone anti dépression »). « Un sud-américain moyen sécrète en plus grande quantité ces substances hormonales qu’un européen, qui a peu a peu perdu ce rapport au corps, au profit souvent d’une recherche matérielle. L’européen est souvent obligé d’absorber des produits chimiques (antidépresseurs) qui lui permettent a son tour de libérer ces hormones en quantité suffisante pour ne pas tomber dans la dépression. «Cette différence hormonale nous confirme que la société de consommation n’est certainement pas un facteur de stabilité émotionnelle et de joie de vivre. » ajoute Dario. 

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 « Ici, les codes sont moins nombreux, moins lourds » commente Gilles. Et cela se ressent à tous les niveaux. « A Paris, personne ne vient sonner à ta porte si cela n’a pas été convenu une semaine a l’avance. Ici, les gens se rendent visite plus spontanément ». Côté gay, on retrouve cette spontanéité et cette absence de codes dans les lieux de sortie. « Les gens se lâchent plus ici. Profiter de l’instant présent est une préoccupation quotidienne. Le qu’en dira-t-on a beaucoup moins d’importance » explique Vitor, un brésilien qui a longtemps vécu en Europe. 

Autre caractéristique que l’on retrouve dans toute l’Amérique du sud : l’humour. C’est une composante nécessaire à toute relation sociale, que cela soit avec son mec, ses amis ou le commerçant du coin. Exemple au pays de Mafalda. « Malgré les difficultés économiques récurrentes que notre pays connait, on essaye de garder notre joie de vivre et notre énergie. L’Argentin est cynique mais jamais blasé ! » résume Carlos, étudiant en design à Buenos Aires. 

Pour Marcos, joli trentenaire brésilien, « les européens viennent chercher ici une authenticité qui n’existe plus en Europe ». Authenticité dans les rapports humains, dans les lieux de vie. Ils viennent chercher ce qu’ils n’ont pas su conserver là bas. « Mais c’est peut-être une question de temps. Cette authenticité finira probablement par disparaitre chez nous également» ajoute-t-il. 

En attendant, une flopée d’européens et de nord-américains débarquent sur le continent à la recherche d’une nouvelle vie, plus légère et intense a la fois. « La surprise est au coin de chaque rue » nous explique Dave, de New York. Il a choisi de vivre au Brésil parce qu’il sent que tout y est plus intense, moins structuré, moins cadré. « En tant que gay, je sens aussi que les rapports humains sont plus directs, plus simples. Bien loin de l’hystérie des drama queens new yorkaises ! » 

Même face à la crise économique actuelle, les sud-américains paraissent moins désemparés que leurs cousins du « Premier monde ». La crise financière n’effraie pas dans les mêmes proportions d’un hémisphère á l’autre. «  Des crises, on en a connu beaucoup, notre économie est tellement cyclique. On se dit que rien ne pourra jamais être pire que la crise de la fin 2001. Il existe toujours des moyens de s’en sortir » résume Carlos, qui se souvient qu’en moins d’une semaine, trois présidents de la république se succédèrent pour tenter d’enrayer le chaos social qui régnait en Argentine. 

Les problèmes en Amérique du Sud sont nombreux (pauvreté, insécurité, corruption, tolérance des gays à géométrie variable) et souvent plus aigus que ceux que doit affronter le vieux continent. Il ne s’agit pas de tomber dans une idéalisation naïve du nouveau monde. Mais les raisons d’espérer et de rêver y sont encore nombreuses. « On a l’impression que tout est encore possible ici » conclut Dave. 

(1) : Happy planet Index (HPI) – Etude annuelle du New Economics Foundation. www.neweconomics.org  (2) : pourrait être traduit par la « vie intense ». 



« L’AUTRE AMÉRIQUE » : 3 DESTINATIONS HORS DES SENTIERS BATTUS. (paru DANS PREF MAG #29 – Nov 2008)
23 octobre, 2008, 6:19
Classé dans : Argentine,Colombie,Florianopolis,gay brasil,Medellin,Rosario

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Rio de Janeiro, Buenos Aires, Punta del Este… L’Amérique du Sud est depuis quelques années une destination en vogue. PREF, qui ne fait jamais rien comme les autres, vous propose d’aller un peu plus loin, et de découvrir d’autres villes de ce continent magique, moins connues, moins mythiques, mais qui valent assurément le détour. Un petit tour en trois étapes. Sur les bords du Paraná á Rosario, en Argentine, les pieds dans le sable de Florianópolis au Brésil, puis la tête dans les nuages qui s’accrochent aux cimes de Medellin, en Colombie.

ARGENTINE : Rosario, les pieds dans l’eau                                                                                                           

A quatre heures de route Buenos Aires, dans la province de Santa Fé, Rosario, capitale agricole du pays étend ses immeubles le long du fleuve Paraná. C’est la troisième ville la plus peuplée d’Argentine.  Elle est connue pour abriter le fameux monument au drapeau, un site historique d’inspiration néo-classique qui commémore la création du drapeau argentin et par extension l’indépendance de l’Argentine. Les bords du fleuve Paraná ont été aménagés en petites plages sauvages qui rendent l’été fort agréable dans cette ville au climat sec. Les habitants ont pris l’habitude de rompre leur routine urbaine en venant se prélasser au bord du « río ». On y accéde en prenant un bateau bus, qui en plus vous permet d’admirer la « skyline » de la ville. Et lorsque vous vous promenez sur la plage, vous vérifierez rapidement la réputation des habitants de la ville, connus pour être les plus sexy d’Argentine. La densité de bombes sexuelles est l’une des plus élevées d’Amérique du Sud. Attention, les argentins sont sexy, machos et adorent séduire… Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils soient partants pour aller plus loin… Si vous souhaitez néanmoins tenter une approche avec un « rosarino », vous pourrez le faire dans l’excellent club gay de la ville, « Gotika ». Deux vastes pistes de danse pleines à craquer le samedi (beaucoup d’argentins de Buenos Aires et Cordoba viennent régulièrement passer le week-end ici) et un grand patio très agréable en été, qui permet d’entamer la conversation sans détruire le tympan de votre interlocuteur. En plus, les gens sont ici accessibles et souriants, ce qui ne gâche rien.

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Informations Rosario : 

Club GOTIKA – http://www.gotikacityclub.com.ar/

Ville de Rosario : www.rosarioturistica.com.ar/turismo 

BRESIL: Florianópolis, Ilha da magia. 

Rio de Janeiro est une ville à part, une destination mythique. Mais parfois les mythes, ca fait peur  ou pire, ca ennuie. Si c’est votre cas, nous vous recommandons de visiter sa petite cadette… Florianópolis ! Une ile située au sud du Brésil entre Porto Alegre et Curitiba, un petit écrin vert et azur…

Moins sophistiquée et agitée que Rio, l’ile de Florianópolis (Floripa pour les intimes) offre une variété de plages et de paysages totalement inédits dans cette partie de Brésil. La nature est omniprésente et les chemins côtiers permettent de prendre un peu d’altitude et d’apprécier la beauté des plages. Si le lieu est encore peu connu en Europe et aux Etats-Unis, c’est un endroit de villégiature très en vogue chez les brésiliens et le reste des pays du Mercosur.  Chaque plage a une identité sociale forte. Jurere international pour les acteurs de telenovelas et les people glamour, Joaquina pour les surfeurs et les sportifs de plein air, Ingleses pour les touristes argentins, Campeche pour les amoureux de la nature et du calme. Last but not least, la praia Mole (prononcer « Moli »), l’une des plus belles de l’Ile est le repère des gays. « Ici, on dit que c’est la deuxième plage gay du Brésil après Ipanema » nous explique Joao, un surfer local. En été, la plage est bondée et l’ambiance est loin d’être aussi coincée qu’a Ipanema. Les gens sont plus détendus, plus souriants. Les pieds dans le sable, vous pouvez déguster une caipirinha au Bar do Deco, une paillote située en bout de plage. L’Ile reçoit chaque année un important flux de touristes brésiliens provenant des grands centres urbains voisins comme Sao Paulo, Porto Alegre et Curitiba, à la recherche d’une alternative aux plages Carioca.

Afin de circuler plus facilement et d’apprécier toute la diversité des plages, il est fortement recommandé de louer une voiture. Pour les plus routards, un service de bus relativement efficace permet également de passer d’une plage à l’autre.

Et si la plage ne vous suffit pas, la ville dispose également de quelques bons endroits de sortie. On vous conseille notamment « Concorde », LA boite gay de la ville. Si vous n’avez pas osé aborder un beau surfeur sur la plage Mole, ce sera peut être le lieu de la deuxième chance…Particularité de l’endroit : une partie de la piste est une plateforme circulaire qui tourne sur elle-même. Et permet de vous montrer sous toutes les coutures. C’est drôle même si on a parfois l’impression de se transformer en Fiat Uno en exposition au Mondial de l’auto

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Informations Florianópolis :

http://www.gaytravelbrazil.com/florianopolis/home.html 

http://www.guiafloripa.com.br 

COLOMBIE : Medellin, dynamique et vertigineuse.

Medellin, un nom qui fait frémir. Pendant longtemps, Medellin, ce furent les cartels de la drogue, Medellin, ce fut Pablo Escobar, le narcotrafiquant le plus médiatique de la planète, abattu en direct  à la télévision par l’armée colombienne dans les années 90. Mais Medellin a changé. Les cartels ont été dissous depuis longtemps et l’ambiance est redevenue paisible. La violence encore associée à cette ville (magnifiée dans « La vierge des tueurs », livre de Fernando Vallejo, adapté au grand écran par Barbet Schroeder) effraie les touristes qui ne sont que très peu nombreux à s’aventurer en Antioquia (département dont Medellin est la capitale). Et pourtant cette ville énorme (la deuxième plus importante de Colombie derrière Bogotá) vaut le détour. Imposant centre urbain au cœur d’une vallée bordée de montagnes imposantes, coupé en deux par un large fleuve éponyme, Medellin est en pleine mutation. Parcs thématiques, musées interactifs, bars branchés, défilés de mode, transports urbains modernes, la ville semble déterminée à fermer le chapitre de la drogue et de la violence pour s’abandonner à la créativité de ses habitants. La ville natale de Botero s’impose peu à peu comme la capitale artistique et culturelle du pays. Du haut des montagnes voisines ou du funiculaire urbain, on prend conscience de la mosaïque sociale qui compose Medellin, où tours ultramodernes jouxtent de modestes maisons de briques.

Pendant prés de deux siècles de colonisation espagnole, Medellin a reçu un flot constant de migrants européens. Cette vague migratoire a généré un melting pot qui confère à la ville un autre atout très particulier… La beauté de ses habitants. Medellin, c’est le berceau de la grande majorité des mannequins, filles et garçons, de Colombie. Toute colombienne normalement constituée rêve de rencontrer un beau paisa (nom donné aux habitants de l’Antioquia), un classique des télénovelas locales.  Les gens ici sont accueillants, fiers de leur ville et plus fiers encore de pouvoir vous la faire découvrir. Un tempérament méridional loin de la froideur de Bogotá. L’autre bonne nouvelle, c’est que la vie gay paisa est en plein boom. Parmi les bons plans, on vous recommande le bar San Marcos, une grande maison ancienne et son patio très agréable (forte fréquentation le dimanche soir). Coté clubbing, deux adresses á la mode : Splash, boite électro située dans une zone industrielle, ou se retrouvent beaucoup de mecs mignons qui se saoulent en buvant cul sec de l’Agua ardiente, la boisson locale. Et l’incontournable, « Viva », la plus récente et la plus grande boite gay de la ville. Plus « mainstream » que la précédente, elle est réputée pour ses productions et pour la qualité de ses shows, le lieu idéal pour s’initier à la « rumba » colombienne.

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Informations Medellin :  http://gay.com.co/news/127/ARTICLE/1096/2008-10-02.html http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=228190573



F***ING LATINOS (publié dans GUS Mag – « The fuck Issue » – Sept. 07)
10 septembre, 2007, 23:33
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay brasil,gay Buenos Aires,Gay Colombia,GUS

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 Après l’avoir ignorée pendant des décennies, Europe et Amérique du Nord  s’enthousiasment pour l’Amérique Latine. Cet engouement est encore plus perceptible chez les gays qui fantasment depuis quelques années sur la sensualité légendaire des latinos. Au hit parade des sud-américains les plus « sexys », les brésiliens sortent premiers toutes catégories confondues. Ils cristallisent comme nul autre peuple au monde les fantaisies et les passions des mecs de toute la planète. Plus complexe mais toute aussi sensuelle, l’image projetée par les argentins, à la croisée culturelle de l’Europe et de l’Amérique. Troisième étape,la Colombie, où la douceur des mecs contraste avec la violence de l’histoire récente du pays, des cartels de la drogue aux années sanglantes de guerre civile…

« Le Brésil est un pays où le culte du corps est une véritable religion » nous explique Alexandre, trentenaire carioca. Climat tropical, importance sociale et culturelle des lieux de plage, nudité permanente des premiers indiens qui ont peuplé le pays, sont autant de facteurs qui peuvent expliquer cette obsession pour l’apparence physique. « Les corps sont plus exposés, les relations sont donc plus directes » résume-t-il. « Le sexe, c’est la consécration, la prolongation naturelle du culte du corps. C’est une pratique sans tabou et sans engagement, une activité à part entière dans la vie du brésilien ».  La simplicité des rapports sexuels draine chaque année des milliers de touristes à la recherche de plaisir charnel « facile », que ce soit à Rio de Janeiro, Bahia ou Florianópolis. « Récemment, un américain est venu vers moi et m’a dit : you brazilians fuck like rabbits ! » (1) lâche Marcos, jeune avocat du sud du pays, hilare.  « J’ignore si le sexe est plus facile ici » reprend-t-il. « Ce qui est certain, c’est qu’au Brésil, les étrangers se sentent plus beaucoup plus libres d’aborder un mec que dans leur propre pays. Ils se lâchent ici comme nulle part ailleurs. Au final, ils sont peut être autant responsables de notre réputation que les brésiliens eux-mêmes ». Marcos reconnaît néanmoins que l’hystérie qui caractérise souvent le milieu gay des « pays du nord », n’a pas cours au Brésil. « Le jeu de séduction est rapide, on n’aime pas perdre de temps. Si un mec nous plait, on fonce » résume-t-il. 

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Autre caractéristique du Brésil, l’importance endémique de la prostitution. « Dans un pays aussi pauvre, le corps est parfois le seul moyen dont dispose un mec pour se valoriser et pour sortir de la galère » explique Alexandre. Du coup, la prostitution, qu’elle soit occasionnelle ou permanente, est ici une activité presque comme une autre. « Les jeunes mecs qui sortent avec des européens ou nord-américains recherchent un confort matériel bien sûr. Mais ils sont également flattés d’être convoités par un touriste du premier monde » ajoute Marcos. 

Changement de cadre, direction Buenos Aires, Argentine. Les plages du Brésil sont à moins de trois heures de vol mais l’ambiance est totalement différente. La capitale argentine est considérée comme la ville la plus « européenne » du continent. Les vagues d’immigration essentiellement italiennes et espagnoles qui ont peuplé le pays sont venues se mêler aux peuples amérindiens, habitants historiques du pays, générant une diversité « ethnique » inédite en Amérique du Sud. Résultat de cette diversité, une production de « bombes sexuelles » en quantité industrielle. Tout comme ses « cousins » d’Europe du sud, l’Argentine est un pays très machiste, où l’apparence et le « qu’en dira-t-on » régissent en permanence les relations sociales. « Comme en Italie, les mecs se retrouvent coincés entre leurs désirs et l’énorme pression que leur font subir leur famille, la religion et l’humour homophobe récurrent des médias » nous explique Jorge, jeune cadre assumé de la capitale. Pris entre ses contradictions, l’Argentin est un être paradoxal. « Il possède la fougue passionnelle du latin entre les draps mais devient très réfléchi lorsqu’il s’agit des sentiments » résume Carlos, étudiant en design. Les relations entre mecs sont donc souvent complexes et « frôlent parfois l’hystérie !» plaisante-t-il. Et ce n’est sans doute pas un hasard si Buenos Aires se caractérise par la plus forte densité de psychologues de la planète. Plus surprenant, les traits machistes de la société ont réussi à s’immiscer dans la culture gay locale : les mecs sont hantés par la peur d’être assimilés à une « folle », la risée de tout un peuple.

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 En Argentine, l’homo ne dérange pas s’il est masculin, viril et… discret. Discrétion oblige, les mecs fréquentent régulièrement les cinés pornos, lieux de rencontres gay incontournables de la ville. Les choses sont néanmoins en train de changer. « On voit de plus en plus de couples de même sexe s’affichant main dans la main dans les rues de San Telmo (2)» note Jorge. Et le pays de Maradona accueillera même le Mondial de football gay en septembre prochain ! 

En Colombie, pays où la ferveur catholique est l’une des plus intenses du continent, stabilité et fidélité régissent les relations entre mecs. « Ici, il est rare et plutôt mal vu de changer de partenaire toutes les semaines » résume José, jeune étudiant de Cali, la 3ème ville du pays. Les couples homos calquent souvent leur mode de vie sur la structure traditionnelle des couples hétéros, y compris dans les quartiers branchés de Bogotá, la ville la plus ouverte du pays. Même dans la capitale, où le clubbing gay est en train d’exploser, « les mecs hésitent encore à partir avec le premier venu, par peur d’être agressés ou dérobés une fois sortis de la boite » explique José. « On attache beaucoup d’importance à la tendresse dans une relation avec un mec » ajoute son ami Cristian. La tendance est néanmoins à la libéralisation des mœurs dans un pays où une loi d’union civile a récemment été approuvée par le parlement (une première en Amérique du sud !), et où les lieux de rencontre se développent après des années de guerre civile au cours desquelles les homos étaient parfois pris à partis par des groupes paramilitaires désireux de « nettoyer » le pays… 

Comment les latinos vivent-ils leur popularité sur le vieux continent ? « Bien sur, ca fait plaisir de savoir qu’on a la cote en Europe » affirme Marcos. Même s’ils restent méfiants vis-à-vis d’une mode qui s’alimente d’une flopée de préjugés. « Au delà des idées préconçues sur notre « sex-appeal », se cachent des individus avec un caractère singulier et une complexité qui nous est propre » conclut-il, dans un sourire. 

(1)   : Vous les brésiliens, vous baisez comme des lapins !  (2)    : San Telmo, quartier historique et touristique de Buenos Aires



LE BRESIL, EN ROSE… ET NOIR (paru dans PREF Mag nº10)
3 octobre, 2006, 5:02
Classé dans : Gay,gay brasil,PREF

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Plus de 2 millions de personnes à la Gay Pride 2005 de Sao Paolo. Des dizaines de milliers de gays et lesbiennes qui se pressent chaque année sur les plages de Rio de Janeiro. Plus au sud, l’Ile de Florianópolis a depuis peu intégré le cercle restreint des destination gays en vogue. Le Brésil, terre promise pour les homos ? Pas si sur. Car derrière ces cartes postales gay-friendly, se cache une réalité sociale qui est loin d’être aussi « rose ». 

 

Le contraste entre le sud du Brésil, moderne et relativement ouvert, et le nord du pays, pauvre et traditionaliste, est frappant. Au nord, les homosexuels sont encore fortement marginalisés. Des actes de violence homophobes sont régulièrement commis. Luciano, jeune gay de 27 ans, vit à Rio Branco, ville de 200 000 habitants plantée au cœur de la forêt amazonienne. On est bien loin de l’ambiance survoltée et mondialisée des plages carioca. « L’acceptation des homos se fait par l’information et l’éducation. Dans une ville pauvre et reculée comme la notre, les homos souffrent de graves préjugés nourris par l’absence d’informations et le poids de la religion » explique-t-il. Un seul bar gay dans la ville. « Je n’y vais jamais. L’ambiance est glauque, la clientèle, bourrée d’homos stéréotypés ou de prostitués » ajoute-t-il. Ici tout mes amis rêvent de pouvoir s’installer dans une ville du sud du pays. « Si j’avais les moyens, je mettrais les voiles pour Porto Alegre ou Florianópolis, des villes ou être gay ne pose plus aucun problème ». 

Rio de Janeiro, Octobre 2007. Photo M.M.M.

Au nord comme au sud, le poids de la religion est encore immense. Pas seulement celui de l’Eglise catholique, sinon d’une multitude d’églises protestantes farouchement anti-gay. La plus célèbre, Assembleia de Deus, qui compte plus de 8 millions de fidèles, propose un morbide programme de reconversion à l’hétérosexualité. Pour beaucoup d’homosexuels brésiliens, le lobbying actif de l’Eglise au sein des institutions politiques du pays est le principal facteur qui retarde l’instauration d’une loi sur l’union civile pour les couples de même sexe. Les pressions religieuses sont extrêmement fortes au Parlement fédéral de Brasilia. A tel point que le texte de loi sur l’union civile, proposée dans le milieu des années 1990 par Marta Suplicy, ex-maire de Sao Paolo, n’a jamais été débattu en session parlementaire. Face à ce vide juridique, de plus en plus de juges rendent néanmoins des décisions de justice favorables aux couples homosexuels. Mais ces décisions ponctuelles, souvent médiatisées, n’auront jamais l’impact d’une loi nationale. Et le slogan égalitaire et idéaliste « Brasil, um pais de todos »[1], déniché et martelé par l’administration Lula depuis son arrivée au pouvoir est encore loin d’être une réalité aux vues du traitement des minorités sexuelles dans le pays. 

L’heure est pourtant à l’optimisme. Indéniablement, les choses s’améliorent. «Au Brésil, tout ce qui se passe au sud, finit toujours par influencer le nord » nous explique Marcio, jeune juriste gay de Porto Alegre. Autrement dit, le vent de liberté qui souffle sur les mégalopoles du sud pourrait à terme atteindre les zones plus reculées du Nordeste brésilien.  dsc00711.jpg

Un vecteur clé dans l’ouverture progressive des mentalités au Brésil : la presse. Les titres les plus importants du pays soutiennent vigoureusement la communauté homosexuelle du pays. Veja, premier hebdomadaire lusophone et quatrième magazine le plus lu au monde, offre une visibilité régulière aux revendications des gays et lesbiennes. Et G Magazine, la revue gay la plus populaire du pays compte autant de lecteurs que le mythique Play Boy (plus de 100 000 chaque mois !). Mais l’exemple le plus parlant, c’est probablement l’apparition de personnages ouvertement homosexuels dans les sacro-saintes telenovelas. Une bonne nouvelle quand on sait que ces feuilletons à l’eau de rose rassemblent chaque soir des dizaine de millions de foyers brésiliens toute origine sociale et raciale confondue. De récentes études audimat ont même montré que l’acceptation du public envers ces personnages « hors normes » étaient excellentes. De quoi nous encourager à fêter le Brésil cette année ! 


[1] « Le Brésil, un pays pour tous »

Photos : Marcos Matos Maciel, 2007.

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