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ARGENTINE : LE MARIAGE GAY TOMBE A L’EAU (PARU DANS DER STANDAARD, Quotidien flamand, Belgique – 02/12/09)
2 décembre, 2009, 18:51
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay Buenos Aires,mariage

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Ce Mardi 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le SIDA aurait du être historique en Amérique du Sud. C’était le jour qu’avaient choisi Alex Freyre et José María Di Bello pour sceller le premier mariage gay du continent. La juge Gabriela Seijas de Buenos Aires avait déclaré inconstitutionnels deux articles du code civil et ordonné la célébration du mariage de ce couple d’hommes. Un événement inédit en Amérique du Sud qui aurait donné aux époux les mêmes droits que n’importe quel couple hétérosexuel ! 

C’était sans compter sur les efforts de l’Eglise catholique, indignée par la mesure, qui a in extremis fait intervenir une juge nationale pour suspendre le mariage. Quelques heures seulement avant le moment fatidique. Du coup, la décision finale repose désormais dans les mains de la Cour Suprême qui devrait trancher dans les semaines à venir. 

Buenos Aires s’était pourtant distinguée à plusieurs reprises en matière de droits pour les homosexuels. Le contrat d’union civil existe ici depuis 2003. « Mais il existe une forte dichotomie à Buenos Aires » tempère Franck, quadragénaire français qui partage son temps entre Paris et Buenos Aires. « L’Argentine est à la fois rétrograde et avant-gardiste avec ses gays». D’un coté, une vie nocturne délirante et variée. De l’autre, un machisme omniprésent qui fait de la « folle » la risée de tout un peuple ou des campagnes contre le SIDA quasi inexistantes. « Contrairement à beaucoup de capitales européennes, Buenos Aires n’a pas de quartier gay. Ce n’est pas forcément un mal. Il est paradoxal de voir que dans les sociétés européennes, plus ouvertes, les gens aient encore besoin de se retrouver dans des ghettos. Ici, c’est tout le contraire. Les argentins sont très attachés à la mixité ». 

Mauricio Macri, actuel maire de Buenos Aires, leader de la droite, et principal opposant a la Présidente péroniste en fonction Cristina Kirchner, avait annoncé qu’il respecterait la décision de la juge Seijas et qu’il ne ferait pas appel. Une position qui avait surpris au sein de son parti et de son électorat conservateur. 

Opportuniste, Macri cherche à se poser en rassembleur en vue des prochaines élections présidentielles de 2011. Une stratégie confortée par un récent sondage selon lequel 66% des argentins sont favorables au mariage des couples de même sexe (1). Le maire veut également renforcer l’image gay-friendly de sa ville. 

Une image qui lui permet d’attirer un nombre croissant de touristes homosexuels. Selon l’office du tourisme de la ville, plus de 20% des touristes qui visitent Buenos Aires sont gays ou lesbiennes. Il faut dire que la ville a plusieurs atouts de taille qui en font une destination gay idéale : une vie culturelle digne des grandes capitales européennes, une flopée de bars, d’hôtels et de boites branchés, un taux de change favorable (2) et… la sensualité légendaire de ses habitants ! Cette année la marche des fiertés a réunit 50 000 personnes soit dix fois de plus que les années précédentes. 

Ce vent de liberté semble atteindre d’autres provinces du pays, traditionnellement moins ouvertes aux questions gays. C’est le cas de Mendoza, aux pieds des Andes, près du Chili. « Ici, l’homosexualité est de plus en plus tolérée » explique Diego Lopez. « Bien sur, les gays ne jouissent pas de la même liberté qu’à Buenos Aires où l’anonymat rend les choses plus faciles. Mais la situation s’est indéniablement améliorée ces dernières années. Je vis en couple depuis huit ans et nous n’avons jamais eu le moindre problème ni avec nos familles, ni avec nos amis ». Même si le poids de l’église est plus fort ici, notamment parmi les classes sociales les plus modestes, les mentalités changent. « Le mariage de même sexe est une problématique de droit civil, l’église ne devrait pas avoir à s’en mêler » estime Diego. Un point de vue partagé par 57% de catholiques qui jugent que la position conservatrice de l’Eglise est une erreur (1). 

« La situation est plus compliquée dans les villes les plus pauvres du nord du pays telles que Tucumán ou Salta » ajoute Diego. Des villes où les préjugés sont encore nombreux et les lieux de rencontre sordides. Beaucoup de gays vivent leur sexualité en cachette. Ils se rencontrent sur internet ou finissent par émigrer… à Buenos Aires ». De l’autre coté du Rio de la Plata, en Uruguay, les couples homosexuels peuvent adopter des enfants. Un droit que les Argentins risquent de devoir attendre encore longtemps. 

 Voir article en flamand : http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=AT2J47RC&subsection=2

(1) Sondage effectué auprès de 800 personnes par l’institut argentin Analogías. 

(2) Un Euro = 5,80 pesos argentins. 


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