Le blog d’info d’Hervé Segata
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FLORIANÓPOLIS, LE TOP DU BRÉSIL (PUBLIÉ DANS LE MAGAZINE SUISSE 360°, Décembre 2009)
4 décembre, 2009, 23:27
Classé dans : Brésil,Florianopolis,gay brasil

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Coupe du Monde 2014, Jeux Olympiques 2016. Le Brésil est à la mode. Ce mois-ci, 360° vous propose de coller à la mode tout en sortant des sentiers battus. Et vous fait découvrir un coin de ce « pays continent » encore méconnu en Europe : Florianópolis. Avec un nom qui semble droit sorti d’un bouquin de science fiction, cette ville est devenue le nouvel eldorado gay d’Amérique du Sud. Et ce n’est pas de la fiction. 

Ville située sur l’île de Santa Catarina, au sud du pays, Florianópolis est depuis quelques années le rendez-vous annuel de milliers d’homos brésiliens, garçons et filles, originaires des grands centres urbains voisins tels que Sao Paulo et Porto Alegre. Ils viennent (sur)peupler les côtes de l’île pendant l’été, à la recherche d’une alternative aux plages de Rio de Janeiro. C’est que Florianópolis (Floripa pour les intimes) offre une variété inédite de plages dans cette partie de Brésil (plus de nonante référencées !).   

Difficile néanmoins de comparer Florianópolis et Rio de Janeiro. Rio sera toujours une destination mythique. Mais les mythes perdent parfois de leur authenticité. Selon Marcos Maciel, beau gosse athlétique et souriant qui a choisi de s’installer a Floripa voilà trois ans, « l’île magique » (1) présente au moins trois gros avantages sur sa grande sœur Carioca : « c’est une destination gay en plein boom alors que Rio n’est déjà plus une nouveauté, la vie y est beaucoup moins chère et c’est une ville beaucoup plus sûre ». 

Florianópolis a connu son essor dans les années septante. A l’époque les hippies se retrouvaient sur les plages peu fréquentées de l’île pour refaire le monde et consommer de la marihuana. Parallèlement, le site est devenu un spot de surf mondialement reconnu. Séduits par l’ouverture d’esprit qui y régnait, les homos ont progressivement débarqué à Floripa, qui alliait à la fois beauté des paysages, douceur de vivre et tolérance à leur égard. Si en termes de droits LGTB, le Brésil est très en retard par rapport à l’Europe ou à l’Amérique du nord, l’Etat de Santa Catarina, comme tous les Etats du sud du pays, fait preuve d’une plus grande tolérance vis-à-vis des homos. « Les Etats du Sud ont une population plus éduquée, plus riche et moins religieuse que le Nord » explique Marció, juriste de Porto Alegre. « Du coup, l’acceptation de la communauté gay, même si elle ne bénéficie pas de juridiction particulière, est généralement très forte parmi la population de l’île ». 

Si le centre-ville de Florianópolis ne présente que peu d’intérêt, vous serez frappé par la beauté naturelle de l’île qui rassemble pèle mêle plages paradisiaques  (dont certaines uniquement accessibles par des sentiers côtiers), lagunes d’eau douce et cascades perdues en pleine forêt. Vous pourrez apprécier l’omniprésence de la nature en empruntant la multitude de chemins de randonnées qui permettent de prendre de l’altitude et d’admirer la beauté des côtes. 

Alors que le lieu est encore peu connu en Europe et aux Etats-Unis, c’est un endroit de villégiature très en vogue chez les brésiliens et parmi les autres pays du Mercosur, Argentine en tête. Ici, chaque plage a ses caractéristiques et son public d’habitués. Jurere international est le rendez-vous des acteurs de telenovelas et des métrosexuels friqués. Joaquina rassemble les surfeurs et les sportifs de plein air. Ingleses est la Mecque des Argentins et Campeche ravira les amoureux de la nature et du calme.

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Le public gay a choisi de « coloniser » deux sites. La Praia Mole (prononcer « Moli ») et la Galheta. Mole est l’une des plus belles plages de l’Ile. « Ici, on dit que c’est la deuxième plage gay du Brésil après Ipanema » nous explique Joao, un surfer local. En été, l’endroit est bondé et l’ambiance est loin d’être aussi coincée que sur le sable Carioca. « Les gens sont plus détendus, souriants ». Les pieds dans le sable, vous pourrez siroter une caipirinha au Bar do Deco, une paillote située en bout de plage -particulièrement visitée le week-end – pour une drague tout en douceur.    

La Galheta, située juste à coté de Mole, est l’autre point de rencontre gay à la mode. Cette plage, ou le naturisme est optionnel, est un lieu préservé, uniquement accessible à pied. En été, l’ambiance y est festive et électrique du petit matin au coucher du soleil. « Galheta, c’est notre petite Amsterdam ! » s’exclame Paulo Frann, joli trentenaire natif de l’Ile. « Tu peux embrasser ton mec librement, fumer un joint ou te balader à poil sans devoir rendre de compte à personne ». La petite forêt située derrière la plage est le lieu des rencontres les plus « directes ». « Pendant le Carnaval, la fête peut prendre des proportions hallucinantes sur Galheta. Il m’est arrivé de voir plus de dix mecs baiser à quelques mètres seulement du sable ! » explique Gustavo Perez, cadre trentenaire qui est revenu vivre à Floripa après quinze ans d’exil à Sao Paulo.

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Selon lui, l’ile est « l’Ibiza sud-américaine». « Pendant le réveillon et le Carnaval, clubs et plages gays explosent ! L’an dernier, le New York Times a décerné à Floripa le prix de la meilleure destination mondiale pour faire la fête ».  « Floripa : The place to be » titrait l’article du prestigieux quotidien.  “C’est un mélange entre St.-Tropez et Ibiza,mais sans le snobisme et sans les prix ” résume Jeffrey Jah, mannequin Américain qui a ouvert le Praia Beach sur Jurere -l’un des spots les plus exclusifs de l’Ile-après être tombé amoureux de « ce petit écrin bleu et vert ». 

 

Si les plages ne vous suffisent pas, la movida gay nocturne est en plein boom. « Et il y en a pour tous les goûts » nous glisse Paulo. Les plus branchés choisiront Pachá. Le club légendaire d’Ibiza a ouvert l’an dernier une « filiale » sur Jurere qui ne désemplit pas. C’est le rendez-vous hebdomadaires des « beautiful people » de l’île. Autre adresse incontournables : The Week. La plus célèbre soirée électro gay de Sao Paulo organise pendant tout l’été des « circuit-parties » sur l’île, réunissant DJs internationaux et clubbers de tout le Mercosur. Moins glamour mais extrêmement gay, « Concorde », LA boite gay du centre-ville. Si vous n’avez pas osé aborder un beau surfeur sur la Galheta, ce sera peut être le lieu de la deuxième chance. Particularité de ce club ouvert tous les samedis de l’année : une partie de la piste est une plateforme circulaire qui tourne sur elle-même. Et permet de vous montrer sous toutes les coutures. C’est drôle même si on a parfois l’impression de se transformer en Renault Twingo en exposition au salon automobile de Genève. « Face à la croissance exponentielle du tourisme gay sur l’Ile, de nouveaux lieux plus ciblés ont vu le jour, tels que des clubs gay pour le public underground ou les bears » explique Paulo.

lagoinhadoleste2.jpgCoté mecs, les avis sont unanimes. « C’est au sud du pays que vous trouverez les garçons les plus sexy du Brésil! » résume Gustavo. « Les métissages entre descendants allemands, italiens, portugais, indiens, ou africains ont donné des résultats détonants ! ». « En plus, les gens passent la moitié de leur temps sur la plage et sont donc obsédés par leur corps » explique Marcos. Quand on se balade sur une plage de l’île, on se dit qu’il y a parfois des obsessions qui ont du bon. Et comme tout y est moins cher qu’à Rio, Floripa attire chaque année un public d’étudiants gays, moins riches que leurs ainés qui préfèrent flamber sur les plages d’Ipanema. Du coup, la vie gay y est souvent plus jeune et plus conviviale. « Si vous allez à Rio, vous croiserez des hordes de yankees. Á Floripa vous rencontrerez les brésiliens, les vrais !» résume Paulo. Derniers petits conseils avant de glisser vos hawaianas dans la valise. Afin de circuler plus facilement et d’apprécier toute la diversité des plages, nous vous recommandons de louer une voiture sur place. En été, la population de Floripa triple. Du coup, circuler sur l’île peut relever du parcours du combattant. Évitez donc les grasses matinées pour vous rendre tôt à la plage de votre choix. Vous aurez tout le loisir de récupérer vos heures de sommeil sous le soleil et les pieds dans l’eau… Boa viagem !  (1)     : Ilha da magia, surnom courant donné à Florianopolis par les Brésiliens. 

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 - Tout savoir sur Floripa avant de partir : 

http://www.guiafloripa.com.br 

http://www.gaytravelbrazil.com/florianopolis/home.html -

Les nuits gay à Floripa :   Concorde : www.concordeclub.com.br  Mix Café : www.mixcafe.com.br Blues Velvet : www.bluesvelvet.com.br Jivago Lounge : www.jivagolounge.com/ Rancho do Maneca : www.ranchodomaneca.com.br  Gloss : www.invistacom.com.br/glossclub/ The Week : www.theweek.com.br Pacha : www.pacha.com  Taikô : www.taikofloripa.com.br/ 



ARGENTINE : LE MARIAGE GAY TOMBE A L’EAU (PARU DANS DER STANDAARD, Quotidien flamand, Belgique – 02/12/09)
2 décembre, 2009, 18:51
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay Buenos Aires,mariage

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Ce Mardi 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le SIDA aurait du être historique en Amérique du Sud. C’était le jour qu’avaient choisi Alex Freyre et José María Di Bello pour sceller le premier mariage gay du continent. La juge Gabriela Seijas de Buenos Aires avait déclaré inconstitutionnels deux articles du code civil et ordonné la célébration du mariage de ce couple d’hommes. Un événement inédit en Amérique du Sud qui aurait donné aux époux les mêmes droits que n’importe quel couple hétérosexuel ! 

C’était sans compter sur les efforts de l’Eglise catholique, indignée par la mesure, qui a in extremis fait intervenir une juge nationale pour suspendre le mariage. Quelques heures seulement avant le moment fatidique. Du coup, la décision finale repose désormais dans les mains de la Cour Suprême qui devrait trancher dans les semaines à venir. 

Buenos Aires s’était pourtant distinguée à plusieurs reprises en matière de droits pour les homosexuels. Le contrat d’union civil existe ici depuis 2003. « Mais il existe une forte dichotomie à Buenos Aires » tempère Franck, quadragénaire français qui partage son temps entre Paris et Buenos Aires. « L’Argentine est à la fois rétrograde et avant-gardiste avec ses gays». D’un coté, une vie nocturne délirante et variée. De l’autre, un machisme omniprésent qui fait de la « folle » la risée de tout un peuple ou des campagnes contre le SIDA quasi inexistantes. « Contrairement à beaucoup de capitales européennes, Buenos Aires n’a pas de quartier gay. Ce n’est pas forcément un mal. Il est paradoxal de voir que dans les sociétés européennes, plus ouvertes, les gens aient encore besoin de se retrouver dans des ghettos. Ici, c’est tout le contraire. Les argentins sont très attachés à la mixité ». 

Mauricio Macri, actuel maire de Buenos Aires, leader de la droite, et principal opposant a la Présidente péroniste en fonction Cristina Kirchner, avait annoncé qu’il respecterait la décision de la juge Seijas et qu’il ne ferait pas appel. Une position qui avait surpris au sein de son parti et de son électorat conservateur. 

Opportuniste, Macri cherche à se poser en rassembleur en vue des prochaines élections présidentielles de 2011. Une stratégie confortée par un récent sondage selon lequel 66% des argentins sont favorables au mariage des couples de même sexe (1). Le maire veut également renforcer l’image gay-friendly de sa ville. 

Une image qui lui permet d’attirer un nombre croissant de touristes homosexuels. Selon l’office du tourisme de la ville, plus de 20% des touristes qui visitent Buenos Aires sont gays ou lesbiennes. Il faut dire que la ville a plusieurs atouts de taille qui en font une destination gay idéale : une vie culturelle digne des grandes capitales européennes, une flopée de bars, d’hôtels et de boites branchés, un taux de change favorable (2) et… la sensualité légendaire de ses habitants ! Cette année la marche des fiertés a réunit 50 000 personnes soit dix fois de plus que les années précédentes. 

Ce vent de liberté semble atteindre d’autres provinces du pays, traditionnellement moins ouvertes aux questions gays. C’est le cas de Mendoza, aux pieds des Andes, près du Chili. « Ici, l’homosexualité est de plus en plus tolérée » explique Diego Lopez. « Bien sur, les gays ne jouissent pas de la même liberté qu’à Buenos Aires où l’anonymat rend les choses plus faciles. Mais la situation s’est indéniablement améliorée ces dernières années. Je vis en couple depuis huit ans et nous n’avons jamais eu le moindre problème ni avec nos familles, ni avec nos amis ». Même si le poids de l’église est plus fort ici, notamment parmi les classes sociales les plus modestes, les mentalités changent. « Le mariage de même sexe est une problématique de droit civil, l’église ne devrait pas avoir à s’en mêler » estime Diego. Un point de vue partagé par 57% de catholiques qui jugent que la position conservatrice de l’Eglise est une erreur (1). 

« La situation est plus compliquée dans les villes les plus pauvres du nord du pays telles que Tucumán ou Salta » ajoute Diego. Des villes où les préjugés sont encore nombreux et les lieux de rencontre sordides. Beaucoup de gays vivent leur sexualité en cachette. Ils se rencontrent sur internet ou finissent par émigrer… à Buenos Aires ». De l’autre coté du Rio de la Plata, en Uruguay, les couples homosexuels peuvent adopter des enfants. Un droit que les Argentins risquent de devoir attendre encore longtemps. 

 Voir article en flamand : http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=AT2J47RC&subsection=2

(1) Sondage effectué auprès de 800 personnes par l’institut argentin Analogías. 

(2) Un Euro = 5,80 pesos argentins. 


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