Le blog d’info d’Hervé Segata
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« VOLVERTE A VER »(*) : QUAND LA COLOMBIE S’ÉMEUT POUR INGRID BÉTANCOURT
11 décembre, 2007, 6:38
Classé dans : Colombie,FARC,Ingrid Bétancourt,Juanes

Le chanteur colombien Juanes interprète son tube « volverte a ver » en hommage aux otages des FARC, à l’occasion de la grande marche pour la paix, organisée en juillet dernier. Cette manifestation avait réuni des millions de colombiens à travers tout le pays. Une mobilisation nationale sans précédent contre la violence des FARC.

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Je me rends régulièrement en Colombie. Et quelque chose m’a frappé lors de mon dernier voyage sur place. L’opinion publique semble avoir bien évolué sur le cas Betancourt. J’ai ressenti dans les médias et dans mes discussions avec des colombiens, beaucoup plus de compassion sur son sort qu’a l’accoutumée.

Il faut croire que les récentes images qui ont montré la franco-colombienne, fortement amaigrie et les yeux hagards, a profondément choqué l’opinion publique colombienne, d’habitude plus enclin à critiquer sa conduite « irresponsable » au moment de sa capture.

Depuis le jour de son enlèvement, l’ex candidate à la présidentielle avait toujours été considérée par le colombien moyen comme une inconsciente, aveuglée par les enjeux de la campagne dans laquelle elle était engagée. Pour beaucoup, elle s’est jetée presque délibérément dans les griffes des FARC.

A l’époque, le gouvernement en place lui avait même déconseillé cette visite fatale, au point de refuser d’assurer sa protection sur ce déplacement, comme c’est généralement le cas durant une campagne électorale.

Ingrid Betancourt, accompagnée de son assistante de campagne Clara Rojas, avait néanmoins tenu à se rendre dans le département du Caquetá, une zone humide du sud de la Colombie alors fortement contrôlée par les milices des FARC. Un entêtement difficilement explicable quand on sait que l’enlèvement de personnalités politiques (« secuestro ») est une pratique courante qui a cours depuis des décennies en Colombie,

Bien sûr, Ingrid Betancourt est une des nombreuses victimes des FARC, et personne ne remettra en cause l’urgence de la libérer. Mais pour beaucoup de colombiens, avant d’être victime de cette milice immonde, elle a d’abord été victime de son inconscience. Cette facette de l’histoire n’est pourtant jamais traitée dans les médias français.

Ces dernières semaines, la pression sur le président colombien Uribe s’est fortement accrue. Une pression internationale, bien sur, avec les appels des présidents Sarkozy, Chavez, Kirchner (Argentine) et Lula (Brésil). Mais aussi une pression interne, fortement alimentée par une opinion publique choquée par les « preuves de vie » d’Ingrid Betancourt.

Les colombiens ont souvent considéré que la sur-médiatisation du cas Betancourt avait eu tendance à faire oublier les 3 000 personnes toujours retenues par les FARC ou d’autres milices  »révolutionnaires » dans le pays.

Mais les dernières images d’Ingrid semblent les avoir convaincus qu’il était désormais nécessaire que le gouvernement colombien mette tout en œuvre pour libérer cette femme et ses compagnons de galère en danger de mort. Dont acte, puisque le président Uribe vient de proposer la création d’une zone rurale neutre de 150 km2 où pourraient se dérouler les négociations avec les FARC. Une proposition, qui constitue une avancée indéniable de la part d’un gouvernement traditionnellement hostile à la négociation avec les milices terroristes. Une initiative similaire avait été proposée voila deux ans. Sans résultat.

(*) : « Te revoir »


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