Le blog d’info d’Hervé Segata
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SUIPACHA. A LA DÉCOUVERTE DE LA PAMPA GAY. (publié dans PREF. Sept.07)
15 septembre, 2007, 10:54
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,PREF

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 « Suipacha, ville sensible » nous annonce le panneau d’entrée au village. Plus qu’un avertissement, un curieux présage sur ce qui nous attend à Suipacha, bourgade plantée en pleine Pampa argentine à une heure et demie du centre de Buenos Aires. Suipacha ou la version sud-américaine du célèbre « Brokeback Mountain ». Car le village devient chaque week-end le point de rencontre des « gauchos » gays de toute la région. 

Sur le bord d’une route déserte, à côté d’une station-service désaffectée, se trouve donc Zona X (prononcer « Zona Equis »), l’un des clubs gays les plus insolites d’Amérique Latine. L’endroit est un « rancho » typique de la Pampa, une sorte de vieille grange aux murs de ciment, coiffée d’un toit de tôle ondulée, où se réunit tous les week-ends une faune des plus ahurissantes : des gauchos en pantalon de cuir traditionnel fraichement descendus de leur chevaux ou de leurs tracteurs, de jeunes homos qui travaillent dans les fabriques agro-alimentaires de la zone, des camionneurs de passage, des travestis au glamour douteux, de jeunes paysans mariés qui ont décidé pour un soir de délaisser bobonne… Et de plus en plus de gays branchés de la capitale argentine et de touristes étrangers (essentiellement européens et nord-américains) à la recherche de sensations fortes et d’authenticité. 

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Tout ce beau monde se retrouve donc dans cette grange obscure, « un lieu ou tout peut arriver », le leitmotiv plus que légitime de Zona X. L’ambiance bon enfant qui règne dans la boite vous fera vite oublier les nuées d’insectes qui dégringolent du plafond en début de soirée ou la décoration sommaire du lieu. Facundo et Nacho, le couple de propriétaires, affichent d’ailleurs leur volonté de conserver le côté rustique de l’endroit « afin de continuer à attirer un public local et hétérogène, car c’est lui qui donne au lieu toute sa valeur et son originalité » explique Facundo. Au niveau musical, il y en a aussi pour tous les goûts : de l’électro, de la dance commerciale, de la salsa, de la samba, et bien sûr pas mal de cumbia, la musique populaire argentine par excellence.   Hormis la piste de danse, la grande attraction du lieu demeure la cueva, littéralement « la grotte », la back room où vont s’encanailler routiers et gauchos de toute la région. « Passée l’heure de la fermeture, les ébats se poursuivent souvent à l’extérieur de la boite, dans les champs voisins ou dans la structure désaffectée de la station-service d’en face » nous explique Nacho. Le couple devient intarissable lorsqu’il s’agit d’énumérer les personnages qui peuplent les nuits de Zona X. De l’historien universitaire qui devient chaque samedi « Claudia », perruque blonde et pailleuse sur la tête, au médecin qui arrive, été comme hiver, vêtu du même marcel et du même minishort en jeans. Sans oublier Alex, maquilleur qui a fait fortune à Miami et qui a décidé de s’installer quatre mois dans la région pour pouvoir passer tous ses week-end à Suipacha ou encore Roberto, superbe stripper amateur qui s’agite en nu intégral sur le bar et qui s’enduit le corps d’huile… de cuisine ! suipacha4.jpg

Au delà du simple lieu de diversion, Zona X est un véritable OVNI dans le panorama de la nuit argentine. Le gaucho incarne en Argentine la figure mâle fondatrice d’un pays au machisme encore omniprésent. Cette petite grange perdue vient donc remettre en cause certains symboles nationaux. Dans la foulée de la sortie de « brokeback mountain », plusieurs titres nationaux avaient évoqué l’existence de Zona X afin de briser le tabou des gauchos gay et de démontrer que les prairies de la Pampa, tout comme d’autres environnements à forte composante masculine, comme l’armée ou l’église, était le théâtre de relations homosexuelles. Si vous souhaitez goûter à l’expérience de la Pampa gay, profitez de votre passage en Argentine pour foncer à Suipacha, car en plus de profiter de la beauté des paysages, vous passerez une soirée différente et à coup sûr inoubliable ! 

 Informations pratiques ZONA X :  Ouvert les jeudis et samedis. 

Prix d’entrée : 5 pesos argentins (1,25 euros) 

Prix des consommations : de 5 à 10 pesos argentins (1,25 à 2,50 euros). Comment se rendre à Zona X depuis Buenos Aires ? 

- En mini-bus : Santoni Turismo : (011) 4865-5680 / 4861-3456 (départ Alto Palermo).  - En bus : Ligne 57 A Lujan/Mercédes – Réservations : 0 800 444 0273 / 02323-423637     (départ Plaza Italia) 

- Hébergement à Suipacha : Alto Suipacha – Réservations au (02324) 48-1071  Toutes les informations sur : http://www.xzonax.com.ar/ 

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F***ING LATINOS (publié dans GUS Mag – « The fuck Issue » – Sept. 07)
10 septembre, 2007, 23:33
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay brasil,gay Buenos Aires,Gay Colombia,GUS

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 Après l’avoir ignorée pendant des décennies, Europe et Amérique du Nord  s’enthousiasment pour l’Amérique Latine. Cet engouement est encore plus perceptible chez les gays qui fantasment depuis quelques années sur la sensualité légendaire des latinos. Au hit parade des sud-américains les plus « sexys », les brésiliens sortent premiers toutes catégories confondues. Ils cristallisent comme nul autre peuple au monde les fantaisies et les passions des mecs de toute la planète. Plus complexe mais toute aussi sensuelle, l’image projetée par les argentins, à la croisée culturelle de l’Europe et de l’Amérique. Troisième étape,la Colombie, où la douceur des mecs contraste avec la violence de l’histoire récente du pays, des cartels de la drogue aux années sanglantes de guerre civile…

« Le Brésil est un pays où le culte du corps est une véritable religion » nous explique Alexandre, trentenaire carioca. Climat tropical, importance sociale et culturelle des lieux de plage, nudité permanente des premiers indiens qui ont peuplé le pays, sont autant de facteurs qui peuvent expliquer cette obsession pour l’apparence physique. « Les corps sont plus exposés, les relations sont donc plus directes » résume-t-il. « Le sexe, c’est la consécration, la prolongation naturelle du culte du corps. C’est une pratique sans tabou et sans engagement, une activité à part entière dans la vie du brésilien ».  La simplicité des rapports sexuels draine chaque année des milliers de touristes à la recherche de plaisir charnel « facile », que ce soit à Rio de Janeiro, Bahia ou Florianópolis. « Récemment, un américain est venu vers moi et m’a dit : you brazilians fuck like rabbits ! » (1) lâche Marcos, jeune avocat du sud du pays, hilare.  « J’ignore si le sexe est plus facile ici » reprend-t-il. « Ce qui est certain, c’est qu’au Brésil, les étrangers se sentent plus beaucoup plus libres d’aborder un mec que dans leur propre pays. Ils se lâchent ici comme nulle part ailleurs. Au final, ils sont peut être autant responsables de notre réputation que les brésiliens eux-mêmes ». Marcos reconnaît néanmoins que l’hystérie qui caractérise souvent le milieu gay des « pays du nord », n’a pas cours au Brésil. « Le jeu de séduction est rapide, on n’aime pas perdre de temps. Si un mec nous plait, on fonce » résume-t-il. 

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Autre caractéristique du Brésil, l’importance endémique de la prostitution. « Dans un pays aussi pauvre, le corps est parfois le seul moyen dont dispose un mec pour se valoriser et pour sortir de la galère » explique Alexandre. Du coup, la prostitution, qu’elle soit occasionnelle ou permanente, est ici une activité presque comme une autre. « Les jeunes mecs qui sortent avec des européens ou nord-américains recherchent un confort matériel bien sûr. Mais ils sont également flattés d’être convoités par un touriste du premier monde » ajoute Marcos. 

Changement de cadre, direction Buenos Aires, Argentine. Les plages du Brésil sont à moins de trois heures de vol mais l’ambiance est totalement différente. La capitale argentine est considérée comme la ville la plus « européenne » du continent. Les vagues d’immigration essentiellement italiennes et espagnoles qui ont peuplé le pays sont venues se mêler aux peuples amérindiens, habitants historiques du pays, générant une diversité « ethnique » inédite en Amérique du Sud. Résultat de cette diversité, une production de « bombes sexuelles » en quantité industrielle. Tout comme ses « cousins » d’Europe du sud, l’Argentine est un pays très machiste, où l’apparence et le « qu’en dira-t-on » régissent en permanence les relations sociales. « Comme en Italie, les mecs se retrouvent coincés entre leurs désirs et l’énorme pression que leur font subir leur famille, la religion et l’humour homophobe récurrent des médias » nous explique Jorge, jeune cadre assumé de la capitale. Pris entre ses contradictions, l’Argentin est un être paradoxal. « Il possède la fougue passionnelle du latin entre les draps mais devient très réfléchi lorsqu’il s’agit des sentiments » résume Carlos, étudiant en design. Les relations entre mecs sont donc souvent complexes et « frôlent parfois l’hystérie !» plaisante-t-il. Et ce n’est sans doute pas un hasard si Buenos Aires se caractérise par la plus forte densité de psychologues de la planète. Plus surprenant, les traits machistes de la société ont réussi à s’immiscer dans la culture gay locale : les mecs sont hantés par la peur d’être assimilés à une « folle », la risée de tout un peuple.

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 En Argentine, l’homo ne dérange pas s’il est masculin, viril et… discret. Discrétion oblige, les mecs fréquentent régulièrement les cinés pornos, lieux de rencontres gay incontournables de la ville. Les choses sont néanmoins en train de changer. « On voit de plus en plus de couples de même sexe s’affichant main dans la main dans les rues de San Telmo (2)» note Jorge. Et le pays de Maradona accueillera même le Mondial de football gay en septembre prochain ! 

En Colombie, pays où la ferveur catholique est l’une des plus intenses du continent, stabilité et fidélité régissent les relations entre mecs. « Ici, il est rare et plutôt mal vu de changer de partenaire toutes les semaines » résume José, jeune étudiant de Cali, la 3ème ville du pays. Les couples homos calquent souvent leur mode de vie sur la structure traditionnelle des couples hétéros, y compris dans les quartiers branchés de Bogotá, la ville la plus ouverte du pays. Même dans la capitale, où le clubbing gay est en train d’exploser, « les mecs hésitent encore à partir avec le premier venu, par peur d’être agressés ou dérobés une fois sortis de la boite » explique José. « On attache beaucoup d’importance à la tendresse dans une relation avec un mec » ajoute son ami Cristian. La tendance est néanmoins à la libéralisation des mœurs dans un pays où une loi d’union civile a récemment été approuvée par le parlement (une première en Amérique du sud !), et où les lieux de rencontre se développent après des années de guerre civile au cours desquelles les homos étaient parfois pris à partis par des groupes paramilitaires désireux de « nettoyer » le pays… 

Comment les latinos vivent-ils leur popularité sur le vieux continent ? « Bien sur, ca fait plaisir de savoir qu’on a la cote en Europe » affirme Marcos. Même s’ils restent méfiants vis-à-vis d’une mode qui s’alimente d’une flopée de préjugés. « Au delà des idées préconçues sur notre « sex-appeal », se cachent des individus avec un caractère singulier et une complexité qui nous est propre » conclut-il, dans un sourire. 

(1)   : Vous les brésiliens, vous baisez comme des lapins !  (2)    : San Telmo, quartier historique et touristique de Buenos Aires


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