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ARGENTINE – URUGUAY : LES PAPETERIES DE LA DISCORDE (paru dans NEOSAPIENS Nº1 – avril 2007)
3 janvier, 2007, 0:11
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Papeterie,Uruguay

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Voila presque deux ans que le conflit des « papeleras » fait les gros titres de la presse d’Argentine et d’Uruguay. La polémique a éclaté lorsque la finlandaise Botnia et l’espagnole Ence, décidèrent d’installer deux papeteries géantes en Uruguay, sur les rives du Rio Uruguay, frontière naturelle entre les deux pays. L’Argentine estime que ce projet aurait des conséquences dramatiques sur l’écosystème de sa province d’Entre Rios, et indirectement sur l’activité agricole et touristique de la zone. 

Plusieurs études scientifiques (dont une dela Banque Mondiale, financeur du projet à hauteur de 500 millions de dollars…) affirment que l’impact sur l’environnement est conforme aux normes internationales en la matière. Mais du coté argentin, on conteste ces résultats que l’on juge partiaux. La résistance s’est vite organisée. Elle a d’ailleurs permis l’émergence d’un véritable mouvement citoyen, phénomène inédit dans un pays encore peu familier avec les questions environnementales. Les associations mettent en avant le non respect par l’Uruguay du traité de 1975, qui prévoit l’accord préalable des deux pays pour toute implantation industrielle sur le fleuve. 

« Notre principal moyen d’action, c’est la coupure des ponts et des voies d’accès vers l’Uruguay. Nous sommes capables de mobiliser plus de 5000 personnes en quelques heures pour réaliser un blocus. » explique Alfredo de Angeli, représentant agricole et l’un des leaders du mouvement citoyen « No a las Papeleras ». 

A Montevideo, on estime que la dernière campagne de coupure des ponts a représenté un manque à gagner de plus de 200 millions de dollars pour le pays. Là bas, l’implantation des papeteries est très bien perçue. Une récente enquête publiée par un grand quotidien de Montevideo révèle que 76% de la population appuie le projet. Fort de ce soutien populaire, le gouvernement centre gauche de Tabaré Vasquez refuse toute négociation bilatérale tant que durera le blocus imposé à son pays par les militants argentins. Et met en avant les 12000 emplois que créeraient les usines. Un argument de poids pour ce petit pays de 3 millions d’habitants jaloux des performances économiques du grand frère argentin. 

Ce conflit a créé de fortes tensions entre deux pays historiquement connus pour leur relation pacifique et leur forte interdépendance économique. Le thème est devenu un incontournable des sommets multilatéraux sud-américains. Le Roi Juan Carlos d’Espagne, conscient de la menace que représente ce conflit sur le fragile équilibre du Mercosur (les deux pays en question en sont des membres fondateurs), a même accepté de jouer le rôle de médiateur. Avec un certain succès, puisque l’espagnole Ence a décidé de déplacer son projet vers une autre région, loin de la polémique. Rien n’indique que Botnia suive le même chemin. « Pour nous, il n’y a pourtant pas d’alternative possible, ce projet doit être définitivement abandonné » conclut De Angeli. 

Pour plus d’infos sur le sujet : www.noalapapelera.com.ar, www.clarin.com.ar, www.lanacion.com.ar 


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