Le blog d’info d’Hervé Segata

BIENVENUE SUR MON BLOG !
10 avril, 2010, 8:26
Classé dans : Argentine,Buenos Aires

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J’ai débarqué à Buenos Aires un peu par hasard, avec l’idée de quitter ma routine parisienne quelques mois.

Séduit par la ville, j’ai décidé de m’y attarder un peu… Cela 5 ans que je vis ici.

Car Buenos Aires vous transforme, vous déforme. Au point de ne plus savoir comment vivre sans elle. 

J’aime cette ville et parfois, je me dis qu’elle m’aime un peu aussi. 

Ce blog est une compilation des articles que j’ai écrits pour différents magazines européens depuis que je vis en Amérique Latine. Il traite surtout de thématiques gays. Mais j’espère vite l’ouvrir à d’autres thèmes. Et vous parler des personnes, des moments et des lieux qui me touchent. 

Merci d’etre là. 

Hervé SEGATA – hsegata@hotmail.com 



GAY… URUGUAY ! (publié dans PREF Mag n°38, Mai 2010)
10 avril, 2010, 8:22
Classé dans : Montevideo,PREF,Punta del Este,Uruguay

Vous hésitez entre les plages du Brésil et les Andes Argentines ? Choisissez… l’Uruguay ! Coincé entre le géant de la Samba et la Pampa des gauchos argentins, l’Uruguay est un petit paradis naturel, vert et bleu. Préparez-vous à connaitre l’un des peuples les plus enchanteurs d’Amérique du Sud. Les uruguayens sont beaux, chaleureux et… authentiques. Ca vous changera des gym queens pimbêches de la capitale ! Petit périple en cinq étapes dans ce tout petit pays méconnu mais bourré de charme. 

PUNTA DEL ESTE. Durant l’été austral, c’est THE place to be en Amérique du sud. A l’origine lieu privilégié de la jeunesse dorée Argentine (les plages de Punta del Este sont à 3 heures de bateau de Buenos Aires), Punta del Este est à peu à peu devenue la station d’été hédoniste de toute l’Amérique du Sud aisée.  Un Saint-Tropez latino en quelque sorte. Mais au delà des yachts tape à l’ oeil, des boutiques de luxe et des boites branchées, Punta del Este, ce sont des kilomètres de magnifique plage déserte… dont la fameuse Chihuahua !

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Chihuahua, ce n’est pas seulement le nom d’un chien ou d’une chanson ridicule. A Punta, c’est le point de rencontre gay le plus populaire. Située à un petit quart d’heure en voiture du centre-ville, Chihuahua est la seule plage naturiste d’Uruguay. Du coup, tout le monde s’en donne a cœur joie. Début janvier, la plage explose. A cette époque, les dunes deviennent un bordel à ciel ouvert. Alors que les touristes argentins et brésiliens font les stars, vous pourrez tenter d’entrer en contact avec la population locale, beaucoup plus accessible et franchement sexy. Le reste de l’été, la plage est beaucoup plus paisible mais reste un lieu de drague agréable. 

Badigeonnés de protection solaire, facteur 50 (nous sommes dans l’hémisphère sud, n’oubliez pas, dans cette partie du globe, la couche d’ozone est tendue comme un string), mes deux compagnons de voyage argentins, Carlitos et Fernando, partent s’aventurer dans les dunes derrière la plage. Moi, je préfère bouquiner  sur ma serviette et écouter le son des vagues. Il est tôt et je suis bien décidé à ne pas laisser ma libido m’imposer son rythme dés le matin. Mes amis reviennent ravis de leur petite excursion coquine. Chacun y a trouvé son bonheur (le mot est sans doute un peu fort). On passe l’après-midi au soleil, couché sur le sable comme trois éléphants de mer en décomposition. De temps à autre, on pique une tête dans l’eau claire, histoire de se rafraichir un peu. C’est la première fois que je fais du naturisme et je me dis que j’ai été idiot d’attendre 35 ans pour m’y mettre. N’étant pas hollandais et n’ayant pas de longues moustaches blondes, j’ai longtemps pensé que c’était un plaisir auquel je ne pouvais prétendre. 

Outre ses dunes « chaudes », l’endroit est réputé pour ses couchers de soleil, tout simplement prodigieux. Vous pourrez l’admirer les pieds dans le sable sur la plage ou bien un peu plus en hauteur, depuis Punta Ballena, un point de vue imprenable qui abrite l’hôtel Casa Pueblo, une espèce de grosse meringue très tendance.  Le soir, direction la boite gay de Punta : Kronos. Situé a proximité du port, l’endroit a des allures de club de province, surtout en basse saison. En été, les gays de Montevideo débarquent tous les week-ends a la recherche de beaux touristes (vous !) qui emplissent le lieu. L’ambiance est bon enfant et conviviale, vous n’aurez aucun mal à concrétiser avec le beau brun que vous aviez aperçu l’après-midi sur Chihuahua. Attention, tout comme en Argentine, les nuits uruguayennes commencent tard, évitez donc de vous pointer avant deux heures de mat ! JOSÉ IGNACIO. Si l’agitation de Punta del Este vous donne le tournis, filez à José Ignacio, la zone la plus exclusive du coin. A quarante minutes de route de Punta, le village, en plein boom immobilier, aligne des maisons cossues et modernes. Ici, les prix sont européens. La plage commence là ou se terminent les prairies. Tous les étés, c’est le rendez-vous de la jet-set latino. Naomi Campbell est régulièrement de passage dans le coin. Shakira y possède une estancia, tout comme la star de la télé argentine Susana Jimenez. 

PIRIAPOLIS. A une demi-heure de « Punta », cette petite ville côtière a été fondée par un seul homme, Fransisco Piria, entrepreneur uruguayen qui de retour d’Europe décida de copier ce qu’il avait vu sur le vieux continent pour développer le tourisme sur les côtes de son pays. Résultat, Piriapolis a le charme désuet de la Cote d’Azur française du début du siècle dernier. Parmi les bâtiments au style « Belle Époque », l’incontournable « Hotel Argentino ». Allez-y faire un tour, vous aurez l’impression de faire un bond dans le temps. Vous y croiserez des mamies souriantes, en bonnet de bain à fleur, qui font trempette dans des piscines d’eau de mer à différentes températures. Pour les cinéphiles, c’est dans cet hôtel qu’a été tourné le film « Whisky » (2004) petit joyau du cinéma uruguayen.

 

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CABO POLONIO. Magique. L’endroit est magique. A trois heures de route de Punta del Este, ce petit village de pêcheurs est totalement préservé. Ici, pas de camping, pas de béton, pas d’auto, pas d’internet. Seulement quelques baraques de pêcheurs posées sur le sable. On accède à cette réserve naturelle sur d’énormes jeeps qui coupent à travers dunes. Il n’y a pas d’électricité, la seule lumière visible est celle du phare qui balaye l’horizon le soir venu. Et celles des bougies que vous vous procurerez dans l’unique épicerie du village. Le ciel étoilé est un spectacle qui à lui seul vaut le détour. Le petit cap est bordé par deux plages. Sur la plage nord, vous assistez au lever du soleil, depuis la plage sud, au coucher. La plage sud est aussi le spot des surfeurs du coin. Carlitos et moi y passons donc logiquement tous nos après-midi. Outre ses surfeurs aux abdos d’acier, Cabo Polonio est également connu pour ses plages désertes et sa faune sauvage, éléphants de mer en tête. L’endroit est idéal pour s’isoler du reste du monde et passer  quelques jours en amoureux. Je reviendrai donc ici quand j’aurai (enfin) trouvé un mari digne de ce nom. MONTEVIDEO. Carlitos, enchanté par le calme de Cabo Polonio décide d’y rester deux jours de plus. Je choisis de poursuivre ma route vers Montevideo, dernière étape de ma petite escapade uruguayenne. C’est le week-end. Une petite sortie dans le milieu gay de la capitale me fera du bien après douze jours d’abstinence plus ou moins volontaire. 

Montevideo est sans doute la capitale la plus paisible d’Amérique du Sud. Le temps semble couler plus lentement ici. Les gens sont charmants et se baladent en plein centre-ville avec leur thermos d’eau chaude sous le bras et leur « maté » (1) dans la main.

 

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Tout comme sa grande sœur Buenos Aires, Montevideo aligne des bâtiments historiques au style français ou espagnol. Parmi les édifices les plus réussis, le théâtre Solis, principal théâtre d’Uruguay, construit en 1856. Si vous le pouvez, assistez à un opéra ou un ballet, la salle principale du théâtre est prodigieuse.   

Grande différence avec la capitale argentine, Montevideo est ouverte sur le Río de la Plata (fleuve-mer qui sépare l’Argentine de l’Uruguay). Alors que Buenos Aires tourne le dos au fleuve, Montevideo l’a complètement intégré dans son plan d’urbanisme. Résultat, plusieurs plages urbaines très chouettes, dont Punta Caretas et Los Pocitos, idéales pour le footing, le volley et…la drague. La promenade côtière est très agréable. Le week-end, tous les habitants de la ville se retrouvent le long du fleuve pour déguster un maté en attendant que le soleil plonge dans le Río. C’est justement en regardant le coucher du soleil que je rencontre Moises, petit brun au sourire lumineux qui m’invite à partager son thermos d’eau chaude. C’est un bon début. J’en profite pour me renseigner sur la vie gay locale. Et j’apprends que l’adoption pour les couples de même sexe est autorisée en Uruguay depuis 2009. Les pays les plus développés ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Samedi soir. Sur les conseils de Moises, je file à Small, le principal pub gay de la ville. La devanture est discrète, la décoration plutôt sommaire et l’endroit est bondée d’une foule mixte détendue et bon enfant. Small est un lieu ou l’on se retrouve avant de sortir.  « C’est l´étape obligée avant d’aller a Cain, la plus grande boite gay du pays » m’explique Sergio, jeune black souriant. Contrairement a l’Argentine ou elle a été entièrement décimée par les guerres et la maladie, la communauté noire représente ici une part significative de la population. Elle maintient la tradition du « Candombe », un rythme ancestral importé par les esclaves africains qui ont débarqué sur les côtes du Río de La Plata. Un rythme encore très présent au moment du Carnaval qui fait vibrer tout le pays en février. 

Une fois mon énorme bouteille de Patricia (bière blonde locale) avalée, je décide de suivre Sergio et ses amis, direction «  Cain Dance Club ». Deux pistes bondées réparties sur deux étages. Une piste électro, une autre surmontée par un écran géant et sur laquelle les mecs se lâchent sur la pop latino du moment. A côté de la piste, un bar lounge pour converser tranquillement, avec un spectacle de travestis, classique mais drôle. Le public est très varié, des gym queens bronzées aux petits machos en baggy en passant par les folles super lookées. Au delà des différences de style, tout le monde a la banane. Je suis ravi de constater que les uruguayens n’ont pas oublié leur convivialité une fois franchie l’entrée de la boite. Parmi la horde de mecs qui sautent sur le dernier tube de Miranda (groupe de pop argentin très en vogue dans le cône sud), j’aperçois Moises, mon guide improvisé de la fin d’après-midi. Les trois gin-tonic aidant, je me dirige sans trembler vers le milieu de la piste. Et je sens s’approcher avec soulagement la fin ma « longue » période d’abstinence sexuelle. Dimanche 13 heures. Je quitte Moises et décide d’aller me perdre dans les rues de la vieille ville, à l’ombre des énormes grues du port. Le quartier est populaire et n’est pas sans rappeler les ports du sud de l’Italie. Petite caractéristique de Montevideo : la proximité du fleuve fait que tous les mecs ont « l’énervante » manie de se balader sans tee-shirt dans les rues de la ville. Je retrouve Carlitos tout juste rentré de Cabo Polonio pour un déjeuner au Mercado del Puerto, un énorme marché couvert qui concentre chiviterias (restaurants de viande grillée typiques) et brasseries de fruits de mer. 

Une fois le chivito digéré, direction Palermo. Un quartier traditionnel où chaque coin de rue abrite un bar ancien, peuplé d’une clientèle d’habitués nostalgiques. Carmen, veuve espagnole et propriétaire du bar Montevideo Sur se rappelle du jour ou elle est arrivée en Uruguay. « J’avais vingt cinq ans. L’homme que j’aimais est venu s’installer en Uruguay. Après cinq de correspondance, j’ai décidé de le rejoindre. Le jour où je suis descendue du bateau, quand je l’ai reconnu, j’étais pétrifiée et je faisais semblant de ne pas le voir. Quelle idiote ! » raconte-t-elle, des larmes dans les yeux. «  Elle a passé quarante de sa vie dans ce bar. Et quand on lui dit qu’on aime l’endroit, elle s’exclame « Il vous plait mon bar, je vous le laisse ! ». On quitte Carmen et poursuit notre promenade dans ce quartier, sans doute le plus authentique de la ville. La nostalgie des lieux nous gagne. Nous montons à regret sur le ferry qui nous ramène vers Buenos Aires et son brouhaha urbain. « On revient bientôt ?». Carlitos, les yeux rivés sur Montevideo qui s’éloigne, acquiesce en silence. 

(1)     : infusion traditionnelle consommée en Argentine, Uruguay, Paraguay et au sud du Brésil. 

Pour plus d’informations sur l’Uruguay :   http://gays.deuruguay.net/ 

http://www.chuecamontevideo.com/ http://www.caindance.com/ 

http://www.puntadelesterent.com.ar/gaypuntadeleste/puntadeleste_gay_friendly.php http://www.portaldelcabo.com.uy/modules/inicio/mainFrame.php 



FLORIANÓPOLIS, LE TOP DU BRÉSIL (PUBLIÉ DANS LE MAGAZINE SUISSE 360°, Décembre 2009)
4 décembre, 2009, 23:27
Classé dans : Brésil,Florianopolis,gay brasil

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Coupe du Monde 2014, Jeux Olympiques 2016. Le Brésil est à la mode. Ce mois-ci, 360° vous propose de coller à la mode tout en sortant des sentiers battus. Et vous fait découvrir un coin de ce « pays continent » encore méconnu en Europe : Florianópolis. Avec un nom qui semble droit sorti d’un bouquin de science fiction, cette ville est devenue le nouvel eldorado gay d’Amérique du Sud. Et ce n’est pas de la fiction. 

Ville située sur l’île de Santa Catarina, au sud du pays, Florianópolis est depuis quelques années le rendez-vous annuel de milliers d’homos brésiliens, garçons et filles, originaires des grands centres urbains voisins tels que Sao Paulo et Porto Alegre. Ils viennent (sur)peupler les côtes de l’île pendant l’été, à la recherche d’une alternative aux plages de Rio de Janeiro. C’est que Florianópolis (Floripa pour les intimes) offre une variété inédite de plages dans cette partie de Brésil (plus de nonante référencées !).   

Difficile néanmoins de comparer Florianópolis et Rio de Janeiro. Rio sera toujours une destination mythique. Mais les mythes perdent parfois de leur authenticité. Selon Marcos Maciel, beau gosse athlétique et souriant qui a choisi de s’installer a Floripa voilà trois ans, « l’île magique » (1) présente au moins trois gros avantages sur sa grande sœur Carioca : « c’est une destination gay en plein boom alors que Rio n’est déjà plus une nouveauté, la vie y est beaucoup moins chère et c’est une ville beaucoup plus sûre ». 

Florianópolis a connu son essor dans les années septante. A l’époque les hippies se retrouvaient sur les plages peu fréquentées de l’île pour refaire le monde et consommer de la marihuana. Parallèlement, le site est devenu un spot de surf mondialement reconnu. Séduits par l’ouverture d’esprit qui y régnait, les homos ont progressivement débarqué à Floripa, qui alliait à la fois beauté des paysages, douceur de vivre et tolérance à leur égard. Si en termes de droits LGTB, le Brésil est très en retard par rapport à l’Europe ou à l’Amérique du nord, l’Etat de Santa Catarina, comme tous les Etats du sud du pays, fait preuve d’une plus grande tolérance vis-à-vis des homos. « Les Etats du Sud ont une population plus éduquée, plus riche et moins religieuse que le Nord » explique Marció, juriste de Porto Alegre. « Du coup, l’acceptation de la communauté gay, même si elle ne bénéficie pas de juridiction particulière, est généralement très forte parmi la population de l’île ». 

Si le centre-ville de Florianópolis ne présente que peu d’intérêt, vous serez frappé par la beauté naturelle de l’île qui rassemble pèle mêle plages paradisiaques  (dont certaines uniquement accessibles par des sentiers côtiers), lagunes d’eau douce et cascades perdues en pleine forêt. Vous pourrez apprécier l’omniprésence de la nature en empruntant la multitude de chemins de randonnées qui permettent de prendre de l’altitude et d’admirer la beauté des côtes. 

Alors que le lieu est encore peu connu en Europe et aux Etats-Unis, c’est un endroit de villégiature très en vogue chez les brésiliens et parmi les autres pays du Mercosur, Argentine en tête. Ici, chaque plage a ses caractéristiques et son public d’habitués. Jurere international est le rendez-vous des acteurs de telenovelas et des métrosexuels friqués. Joaquina rassemble les surfeurs et les sportifs de plein air. Ingleses est la Mecque des Argentins et Campeche ravira les amoureux de la nature et du calme.

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Le public gay a choisi de « coloniser » deux sites. La Praia Mole (prononcer « Moli ») et la Galheta. Mole est l’une des plus belles plages de l’Ile. « Ici, on dit que c’est la deuxième plage gay du Brésil après Ipanema » nous explique Joao, un surfer local. En été, l’endroit est bondé et l’ambiance est loin d’être aussi coincée que sur le sable Carioca. « Les gens sont plus détendus, souriants ». Les pieds dans le sable, vous pourrez siroter une caipirinha au Bar do Deco, une paillote située en bout de plage -particulièrement visitée le week-end – pour une drague tout en douceur.    

La Galheta, située juste à coté de Mole, est l’autre point de rencontre gay à la mode. Cette plage, ou le naturisme est optionnel, est un lieu préservé, uniquement accessible à pied. En été, l’ambiance y est festive et électrique du petit matin au coucher du soleil. « Galheta, c’est notre petite Amsterdam ! » s’exclame Paulo Frann, joli trentenaire natif de l’Ile. « Tu peux embrasser ton mec librement, fumer un joint ou te balader à poil sans devoir rendre de compte à personne ». La petite forêt située derrière la plage est le lieu des rencontres les plus « directes ». « Pendant le Carnaval, la fête peut prendre des proportions hallucinantes sur Galheta. Il m’est arrivé de voir plus de dix mecs baiser à quelques mètres seulement du sable ! » explique Gustavo Perez, cadre trentenaire qui est revenu vivre à Floripa après quinze ans d’exil à Sao Paulo.

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Selon lui, l’ile est « l’Ibiza sud-américaine». « Pendant le réveillon et le Carnaval, clubs et plages gays explosent ! L’an dernier, le New York Times a décerné à Floripa le prix de la meilleure destination mondiale pour faire la fête ».  « Floripa : The place to be » titrait l’article du prestigieux quotidien.  “C’est un mélange entre St.-Tropez et Ibiza,mais sans le snobisme et sans les prix ” résume Jeffrey Jah, mannequin Américain qui a ouvert le Praia Beach sur Jurere -l’un des spots les plus exclusifs de l’Ile-après être tombé amoureux de « ce petit écrin bleu et vert ». 

 

Si les plages ne vous suffisent pas, la movida gay nocturne est en plein boom. « Et il y en a pour tous les goûts » nous glisse Paulo. Les plus branchés choisiront Pachá. Le club légendaire d’Ibiza a ouvert l’an dernier une « filiale » sur Jurere qui ne désemplit pas. C’est le rendez-vous hebdomadaires des « beautiful people » de l’île. Autre adresse incontournables : The Week. La plus célèbre soirée électro gay de Sao Paulo organise pendant tout l’été des « circuit-parties » sur l’île, réunissant DJs internationaux et clubbers de tout le Mercosur. Moins glamour mais extrêmement gay, « Concorde », LA boite gay du centre-ville. Si vous n’avez pas osé aborder un beau surfeur sur la Galheta, ce sera peut être le lieu de la deuxième chance. Particularité de ce club ouvert tous les samedis de l’année : une partie de la piste est une plateforme circulaire qui tourne sur elle-même. Et permet de vous montrer sous toutes les coutures. C’est drôle même si on a parfois l’impression de se transformer en Renault Twingo en exposition au salon automobile de Genève. « Face à la croissance exponentielle du tourisme gay sur l’Ile, de nouveaux lieux plus ciblés ont vu le jour, tels que des clubs gay pour le public underground ou les bears » explique Paulo.

lagoinhadoleste2.jpgCoté mecs, les avis sont unanimes. « C’est au sud du pays que vous trouverez les garçons les plus sexy du Brésil! » résume Gustavo. « Les métissages entre descendants allemands, italiens, portugais, indiens, ou africains ont donné des résultats détonants ! ». « En plus, les gens passent la moitié de leur temps sur la plage et sont donc obsédés par leur corps » explique Marcos. Quand on se balade sur une plage de l’île, on se dit qu’il y a parfois des obsessions qui ont du bon. Et comme tout y est moins cher qu’à Rio, Floripa attire chaque année un public d’étudiants gays, moins riches que leurs ainés qui préfèrent flamber sur les plages d’Ipanema. Du coup, la vie gay y est souvent plus jeune et plus conviviale. « Si vous allez à Rio, vous croiserez des hordes de yankees. Á Floripa vous rencontrerez les brésiliens, les vrais !» résume Paulo. Derniers petits conseils avant de glisser vos hawaianas dans la valise. Afin de circuler plus facilement et d’apprécier toute la diversité des plages, nous vous recommandons de louer une voiture sur place. En été, la population de Floripa triple. Du coup, circuler sur l’île peut relever du parcours du combattant. Évitez donc les grasses matinées pour vous rendre tôt à la plage de votre choix. Vous aurez tout le loisir de récupérer vos heures de sommeil sous le soleil et les pieds dans l’eau… Boa viagem !  (1)     : Ilha da magia, surnom courant donné à Florianopolis par les Brésiliens. 

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 - Tout savoir sur Floripa avant de partir : 

http://www.guiafloripa.com.br 

http://www.gaytravelbrazil.com/florianopolis/home.html -

Les nuits gay à Floripa :   Concorde : www.concordeclub.com.br  Mix Café : www.mixcafe.com.br Blues Velvet : www.bluesvelvet.com.br Jivago Lounge : www.jivagolounge.com/ Rancho do Maneca : www.ranchodomaneca.com.br  Gloss : www.invistacom.com.br/glossclub/ The Week : www.theweek.com.br Pacha : www.pacha.com  Taikô : www.taikofloripa.com.br/ 



ARGENTINE : LE MARIAGE GAY TOMBE A L’EAU (PARU DANS DER STANDAARD, Quotidien flamand, Belgique – 02/12/09)
2 décembre, 2009, 18:51
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay Buenos Aires,mariage

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Ce Mardi 1er décembre, journée mondiale de lutte contre le SIDA aurait du être historique en Amérique du Sud. C’était le jour qu’avaient choisi Alex Freyre et José María Di Bello pour sceller le premier mariage gay du continent. La juge Gabriela Seijas de Buenos Aires avait déclaré inconstitutionnels deux articles du code civil et ordonné la célébration du mariage de ce couple d’hommes. Un événement inédit en Amérique du Sud qui aurait donné aux époux les mêmes droits que n’importe quel couple hétérosexuel ! 

C’était sans compter sur les efforts de l’Eglise catholique, indignée par la mesure, qui a in extremis fait intervenir une juge nationale pour suspendre le mariage. Quelques heures seulement avant le moment fatidique. Du coup, la décision finale repose désormais dans les mains de la Cour Suprême qui devrait trancher dans les semaines à venir. 

Buenos Aires s’était pourtant distinguée à plusieurs reprises en matière de droits pour les homosexuels. Le contrat d’union civil existe ici depuis 2003. « Mais il existe une forte dichotomie à Buenos Aires » tempère Franck, quadragénaire français qui partage son temps entre Paris et Buenos Aires. « L’Argentine est à la fois rétrograde et avant-gardiste avec ses gays». D’un coté, une vie nocturne délirante et variée. De l’autre, un machisme omniprésent qui fait de la « folle » la risée de tout un peuple ou des campagnes contre le SIDA quasi inexistantes. « Contrairement à beaucoup de capitales européennes, Buenos Aires n’a pas de quartier gay. Ce n’est pas forcément un mal. Il est paradoxal de voir que dans les sociétés européennes, plus ouvertes, les gens aient encore besoin de se retrouver dans des ghettos. Ici, c’est tout le contraire. Les argentins sont très attachés à la mixité ». 

Mauricio Macri, actuel maire de Buenos Aires, leader de la droite, et principal opposant a la Présidente péroniste en fonction Cristina Kirchner, avait annoncé qu’il respecterait la décision de la juge Seijas et qu’il ne ferait pas appel. Une position qui avait surpris au sein de son parti et de son électorat conservateur. 

Opportuniste, Macri cherche à se poser en rassembleur en vue des prochaines élections présidentielles de 2011. Une stratégie confortée par un récent sondage selon lequel 66% des argentins sont favorables au mariage des couples de même sexe (1). Le maire veut également renforcer l’image gay-friendly de sa ville. 

Une image qui lui permet d’attirer un nombre croissant de touristes homosexuels. Selon l’office du tourisme de la ville, plus de 20% des touristes qui visitent Buenos Aires sont gays ou lesbiennes. Il faut dire que la ville a plusieurs atouts de taille qui en font une destination gay idéale : une vie culturelle digne des grandes capitales européennes, une flopée de bars, d’hôtels et de boites branchés, un taux de change favorable (2) et… la sensualité légendaire de ses habitants ! Cette année la marche des fiertés a réunit 50 000 personnes soit dix fois de plus que les années précédentes. 

Ce vent de liberté semble atteindre d’autres provinces du pays, traditionnellement moins ouvertes aux questions gays. C’est le cas de Mendoza, aux pieds des Andes, près du Chili. « Ici, l’homosexualité est de plus en plus tolérée » explique Diego Lopez. « Bien sur, les gays ne jouissent pas de la même liberté qu’à Buenos Aires où l’anonymat rend les choses plus faciles. Mais la situation s’est indéniablement améliorée ces dernières années. Je vis en couple depuis huit ans et nous n’avons jamais eu le moindre problème ni avec nos familles, ni avec nos amis ». Même si le poids de l’église est plus fort ici, notamment parmi les classes sociales les plus modestes, les mentalités changent. « Le mariage de même sexe est une problématique de droit civil, l’église ne devrait pas avoir à s’en mêler » estime Diego. Un point de vue partagé par 57% de catholiques qui jugent que la position conservatrice de l’Eglise est une erreur (1). 

« La situation est plus compliquée dans les villes les plus pauvres du nord du pays telles que Tucumán ou Salta » ajoute Diego. Des villes où les préjugés sont encore nombreux et les lieux de rencontre sordides. Beaucoup de gays vivent leur sexualité en cachette. Ils se rencontrent sur internet ou finissent par émigrer… à Buenos Aires ». De l’autre coté du Rio de la Plata, en Uruguay, les couples homosexuels peuvent adopter des enfants. Un droit que les Argentins risquent de devoir attendre encore longtemps. 

 Voir article en flamand : http://www.standaard.be/artikel/detail.aspx?artikelid=AT2J47RC&subsection=2

(1) Sondage effectué auprès de 800 personnes par l’institut argentin Analogías. 

(2) Un Euro = 5,80 pesos argentins. 



GO SOUTH WEST ! (publié dans GUS Magazine, n°41- Mai-Juin 2009)
24 mai, 2009, 5:33
Classé dans : Argentine,bonheur,Buenos Aires,Colombie,gay brasil,GUS

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L’enquête annuelle sur le bonheur dans le monde, réalisée par l’orgnisation britannique New Economics Foundation (1), a, cette année encore, placé huit pays d’Amérique Latine dans les dix pays les plus heureux de la planète. Les pays « industrialisés » figurent en retrait dans le classement (France 129éme, Etats-Unis 150éme). Les sud-américains sont-ils vraiment plus heureux que nous ? Comment cultivent-ils leur joie de vivre ? Enquête dans le Nouveau Monde. 

« Pura vida ! » (2) me lance Hernán, surfeur costaricien. C’est ainsi qu’on se salue au Costa Rica, toute génération confondue. Plus qu’un salut, c’est une philosophie de vie, un « carpe diem » version latino. Ou comment profiter au mieux de la vie et du moment présent. Une philosophie que l’on retrouve, à des degrés divers, sur tout le continent, des Andes colombiennes aux plages brésiliennes, en passant par la pampa argentine.   

 « La majorité des gens ici font face à une vraie précarité. Ils ne cherchent pas à combler des besoins débiles. La lutte est parfois le meilleur antidépresseur » explique Gilles, français expatrié depuis une sept ans au Venezuela puis en Argentine. L’absence de protection sociale et d’Etat providence génère une plus grande solidarité, palpable au sein des familles, à travers les générations, entre amis, ou dans la rue. « Les gens savent qu’ils peuvent avoir, à tout moment, besoin de l’autre. Tout comme ils sont eux-mêmes toujours prêts à aider les autres» ajoute Cristian, jeune étudiant colombien de Cali. La solidarité comme un moyen de vivre mieux, en quelque sorte. 

Alors, les latinos plus heureux que les européens ? Pour Darío Anobíle, psychologue argentin, l’explication est en grande partie sociale et… hormonale ! « Structurellement, il n’existe aucune différence entre un européen et un sud-américain. Nous avons tous la même propension à travailler, à aimer, à nous développer. Cependant, le sud-américain nait généralement dans un environnement social plus pauvre que l’européen » explique Darío. « La privation de jouets, de livres et de biens matériels décuple l’imagination de l’enfant et fait du corps sa principale source de plaisir ». Résultat de ce processus, des enfants plus actifs, plus vifs. Autrement dit, en Amérique Latine, le manque et la frustration sont générateurs de désirs plutôt que des motifs d’angoisse ou de perte de confiance, comme c’est souvent le cas en Europe. 

Beaucoup de latinos comptent presque exclusivement sur le corps pour leur procurer du plaisir (en particulier dans les zones tropicales du continent), n’ayant souvent qu’un accès limité à la société de consommation. Le corps, comme seul stimulateur, libère en grande quantité différentes hormones dites « de plaisir » telles que l’endorphine, la DHEA (« l’hormone qui rend amoureux »), ou encore la sérotonine (« hormone anti dépression »). « Un sud-américain moyen sécrète en plus grande quantité ces substances hormonales qu’un européen, qui a peu a peu perdu ce rapport au corps, au profit souvent d’une recherche matérielle. L’européen est souvent obligé d’absorber des produits chimiques (antidépresseurs) qui lui permettent a son tour de libérer ces hormones en quantité suffisante pour ne pas tomber dans la dépression. «Cette différence hormonale nous confirme que la société de consommation n’est certainement pas un facteur de stabilité émotionnelle et de joie de vivre. » ajoute Dario. 

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 « Ici, les codes sont moins nombreux, moins lourds » commente Gilles. Et cela se ressent à tous les niveaux. « A Paris, personne ne vient sonner à ta porte si cela n’a pas été convenu une semaine a l’avance. Ici, les gens se rendent visite plus spontanément ». Côté gay, on retrouve cette spontanéité et cette absence de codes dans les lieux de sortie. « Les gens se lâchent plus ici. Profiter de l’instant présent est une préoccupation quotidienne. Le qu’en dira-t-on a beaucoup moins d’importance » explique Vitor, un brésilien qui a longtemps vécu en Europe. 

Autre caractéristique que l’on retrouve dans toute l’Amérique du sud : l’humour. C’est une composante nécessaire à toute relation sociale, que cela soit avec son mec, ses amis ou le commerçant du coin. Exemple au pays de Mafalda. « Malgré les difficultés économiques récurrentes que notre pays connait, on essaye de garder notre joie de vivre et notre énergie. L’Argentin est cynique mais jamais blasé ! » résume Carlos, étudiant en design à Buenos Aires. 

Pour Marcos, joli trentenaire brésilien, « les européens viennent chercher ici une authenticité qui n’existe plus en Europe ». Authenticité dans les rapports humains, dans les lieux de vie. Ils viennent chercher ce qu’ils n’ont pas su conserver là bas. « Mais c’est peut-être une question de temps. Cette authenticité finira probablement par disparaitre chez nous également» ajoute-t-il. 

En attendant, une flopée d’européens et de nord-américains débarquent sur le continent à la recherche d’une nouvelle vie, plus légère et intense a la fois. « La surprise est au coin de chaque rue » nous explique Dave, de New York. Il a choisi de vivre au Brésil parce qu’il sent que tout y est plus intense, moins structuré, moins cadré. « En tant que gay, je sens aussi que les rapports humains sont plus directs, plus simples. Bien loin de l’hystérie des drama queens new yorkaises ! » 

Même face à la crise économique actuelle, les sud-américains paraissent moins désemparés que leurs cousins du « Premier monde ». La crise financière n’effraie pas dans les mêmes proportions d’un hémisphère á l’autre. «  Des crises, on en a connu beaucoup, notre économie est tellement cyclique. On se dit que rien ne pourra jamais être pire que la crise de la fin 2001. Il existe toujours des moyens de s’en sortir » résume Carlos, qui se souvient qu’en moins d’une semaine, trois présidents de la république se succédèrent pour tenter d’enrayer le chaos social qui régnait en Argentine. 

Les problèmes en Amérique du Sud sont nombreux (pauvreté, insécurité, corruption, tolérance des gays à géométrie variable) et souvent plus aigus que ceux que doit affronter le vieux continent. Il ne s’agit pas de tomber dans une idéalisation naïve du nouveau monde. Mais les raisons d’espérer et de rêver y sont encore nombreuses. « On a l’impression que tout est encore possible ici » conclut Dave. 

(1) : Happy planet Index (HPI) – Etude annuelle du New Economics Foundation. www.neweconomics.org  (2) : pourrait être traduit par la « vie intense ». 



BUENOS AIRES, A TRENDY AND FRIENDLY SPOT WAY DOWN SOUTH ! (PUBLIÉ DANS BEAR Magazine – USA – Avril 2009)
7 mai, 2009, 23:36
Classé dans : Argentine,Bear,Buenos Aires,Gay,gay Buenos Aires

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“Buenos Aires is undoubtedly the most gay-friendly city in South America!” explains my good Argentinean friend Camilo, a thirty year-old handsome porteño (1). “The civil union contract between same-sex couples has existed since 2003”. Since my last trip here, I’ve actually noticed an increasing number of gay couples walking hand in hand in the streets.  In Buenos Aires, guys are manly, sensual, and… sexy. “They are real men!” says Franck, a French friend of mine and true lover of Buenos Aires, who bought an apartment in the heart of the trendy Palermo district. 

The successive waves of immigration, mainly Italian and Spanish, mixed with the Amerindians (the historical inhabitants of the country) have generated an “ethnic” diversity totally unique in South America. Everytime I come down to Argentina, I’m impressed with the quantity of hot guys you see walking on the street.  The beauty of its inhabitants is not the only attraction to Buenos Aires. Both modern and classic, the city has many assets to seduce you. I love wandering in Palermo, the hip district with its huge houses from the beginning of the century, transformed into neat and chic restaurants or clothing stores just as cool as those you can find in the trendiest areas of London or Berlin. This year, I however chose to stay in San Telmo, one of the oldest districts, with cobblestoned streets, flea markets, and tango bars. It has an incredible bohemian vibe and a great nightlife. If you prefer quieter areas, you would love Recoleta, a residential district  whose classic architecture gave the city the nickname of “The Paris of South America”. Or Puerto Madero, the docks area with its industrial buildings which now shelter the most expensive apartments and hotels of the country. 

Gaywise, the pallet of fun places to hang out is (almost) as broad as any big US city or European capital. This city never managed to bore me. There is something for everyone here: Trendy, electronic clubs where sexy guys dance topless; pop and punk parties where the Porteño youth get together; gay tango dance halls and even a remote club in the middle of the Pampa which turns out to be the meeting place for gay gauchos (cow-boys). Not to mention the famous bear party at Contramano (the first gay club of the city) where bears, chubs, chasers, and I meet every Sunday. When I feel more adventurous, I dare visiting a couple of sex bars which recently opened. They are now competing strongly with the old porn theaters, vestiges of the dictatorship when repression had forced gay people to devise new and discrete cruising places.  My friend Camilo lived for a time in Spain. “I loved Barcelona. But paradoxically, in such an open society, I found that people were locked up into a ghetto. Here, it is just the contrary. The gay nightlife attracts a huge mix of people. There is no(*) gay district in Buenos Aires”. The mix sometimes goes further. Bisexuality is very common here. Even straight guys are open to new experiments. My friend Franck is proud to confess me that he recently hooked up with a construction worker who was working on a building site nearby his house. 

The Buenos Aires bear community is probably one of the largest in South America. The Bear club was born in 1997 when thirty men gathered in a forty-meter-square apartment and decided to found the association. They are now more than a hundred and twenty regular members, and nearly five hundreds meet every Sunday night at the bear party in Contramano. “We are very open and we are always very friendly with visitors from abroad” says Franco, one of the leaders of the club. “Our saving grace is the huge house we bought during the economic crisis of 2002 when the estate market was so gloomy. This house is the heart of the club, we organize all sorts of social events and meetings here”. The club offers a wide variety of events (see activities) and has its own weekly radio program. “The difference between our club and other bear associations is that we have known each other for a long time, we are like a family. That maybe makes us a little more open and friendly with our new members. We actually accept both bears and chubbies” explains Max, the radio commentator. “We also organize trips to other big cities of our country, to meet new friends. We lately went to Córdoba (2). Everybody there first thought we were a rugby team. Until they saw two of our guys sharing a French kiss!” jokes Franco.  Sense of humor is another characteristic you need to have when dealing with the Argentinean bears. It’s actually an essential component to any social relationship in Buenos Aires, whether it is with a boyfriend, with a boss, or with a shopkeeper. “In spite of the recurring economic and politic difficulties our country experiments, we always try to remain happy and positive. We are cynical, but never jaded!” adds Max.   

Last but not least, a very favorable foreign exchange rate (3) gave me a great purchasing power and made me forget, at least for awhile, that I was probably going through the most dramatic economic crisis of my life. Still hesitating? Come down to the Southern hemisphere to enjoy the warmth of Buenos Aires… and its inhabitants. Believe me, you won’t regret it! 

(1) Porteño: name given to the inhabitants of Buenos Aires, from “puerto”, the harbour. 

(2) : Second most populated city of Argentina. 

(3) 1 US dollar = 3,70 Argentinean pesos.                 

 Activities in Buenos Aires  The bear club of Buenos Aires : http://www.ososdebuenosaires.com/new/ 

Mondays : at 1.30 pm, “Mate meeting” at the Bear House, Humberto Primo 1664. The Mate is a typical Argentinean hot drink traditionally shared between friends.  Thursdays : “Bear day” in the gay sauna Nagazaki (from 1.00 pm to 12.00 pm), Aguero 427. (54) 11 4866 4335 Fridays : Friendly dinner at the “Bear House”, Humberto Primo 1664. Sundays : The bear party at Contramano, from 10 pm. Rodriguez Peña 1082. Every last Friday of the month, asado party (typical Argentinean barbecue) at the Bear House. Humberto Primo 1664.  Every two Sundays : Movie projection at the Bear House. 



Suipacha… The Argentine version of Brokeback Moutain (publié dans Gay Times – Avril 2009)
30 mars, 2009, 17:23
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay Buenos Aires

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 « Suipacha, a sensitive city » announces the welcome sign at the entrance of the town. More than a warning, it is a curious prediction of what awaits us in Suipacha, a small rural city located in the middle of the Argentinian Pampa, an hour and a half away from downtown Buenos Aires.   Suipacha is the South American version of “Brokeback Mountain”. Each weekend, the small town turns into the meeting point for gay “gauchos” (cowboys) from the surrounding area. Located on a remote, deserted road, beside an abandoned gas station, Zona X (pronounced “Zona Equis”) is one of the most bizarre gay clubs in Latin America.   

The place is a typical Pampa rancho, made of cement walls, capped with a corrugated iron roof, where a diverse and freaky fauna gathers: cowboys (gauchos) in traditional leather trousers just off their horses or tractors, young gay workers employed in the numerous agro-industry factories in the area, truck-drivers, transvestites with a dubious glamour, married farmers who decided for one night to leave their wife home… And an increasing number of trendy gays from Buenos Aires and foreign tourists (mainly Europeans and North-Americans) looking for new vibes and authenticity. This unusual crowd gets together in this obscure shelter, “a place where anything can happen”, a motto that is more than well-founded in Zona X.   The amicable atmosphere will quickly make you forget the swarm of insects that sometimes descend from the rafters or the unrefined decoration of the place. Facundo and Nacho, the adorable couple that owns Zona X, want to preserve the rustic energy of the place “to continue to attract a local and heterogeneous public and to keep the values and the originality of the club intact” explains Facundo. Musicwise, the club offers a wide variety of styles: electro, dance music, salsa, samba, and of course,cumbia a type of music that is very popular these days in Argentina. 

Apart from the dancefloor, the great attraction of the club remains the cueva, literally “the cave”, the darkroom where gauchos, truck drivers, and transvestites have their craziest sexual experiences. “After the club closes, frolicking often continues outside in the fields or in a nearby abandoned gas station” explains Nacho. It is an unforgettable show to see worn out transvestites, horny gauchos and sexy farmers wandering around in the budding dawn, in the middle of nowhere, desperate to find a body to hold.  The couple has an unending flow of stories to tell describing their clientele. From a university history professor who, each Saturday, turns himself into “Claudia”, a blond and wiry wigged transvestite, to a doctor who comes, no matter what the season, dressed with the same white tank-top and the same denim minishort. Not to mention Alex, a make-up artist who made a fortune in Miami and who decided to spend four months in the area just to devote all of his weekends to Suipacha, or Roberto, a superb amateur stripper who dances completely naked upon the bar, his shiny body totally covered… with cooking oil!   

Beyond being just a simple fun spot, Zona X is a true UFO in the panorama of Argentinean gay nightlife. In Argentina, the gaucho represents THE male figure, founder of a country which still has a strong and ever-present machismo. This small and distant rancho thus defies an important national symbol. Following the successful release of “Brokeback Mountain”, several newspapers mentioned the existence of Zona X, breaking the gay taboo of the gauchos and showing that the meadows of the Pampa, just like any other environment with a strong male presence (such as the the army or the church) is the scene of untold gay relations.   If you wish to savor the experience of the gay Pampa, take advantage of your stay in Argentina and hotfoot it to Suipacha. In addition to the beautiful landscapes, you will undoubtedly enjoy an original and unforgettable night!  

Information ZONA X :  Open Thursdays and saturdays.  Entrance fee : 10 argentinean pesos (2.50 euros) 

Drinks : from 8 to 20 argentinean pesos (from 2 to 5 euros).  How to get to Zona X from Buenos Aires ?  - By mini-van : Santoni Turismo : (011) 4865-5680 / 4861-3456 (departure from Alto Palermo shopping) 

- By bus : Line 57 A to Lujan/Mercédes – Reservation : 0 800 444 0273 / 02323-423637     (Departure from Plaza Italia)  - Accomodation in Suipacha : Alto Suipacha – Reservations : (02324) 48-1071 More information on : http://www.xzonax.com.ar/ 



Dernier tango á Buenos Aires (publié dans le magazine suisse 360° – Mars 2009)
7 mars, 2009, 20:35
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay Buenos Aires,Non classé

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« Buenos Aires est sans doute la ville la plus gay-friendly d’Amérique du Sud ! » lâche Camilo, beau porteño (1) trentenaire. « Le contrat d’union civil existe ici depuis 2003. Et je vois de plus en plus de couples homos qui se baladent en pleine rue, main dans la main en » ajoute-t-il.  « Ici, les garçons sont virils, sensuels et sexy… Ce sont des mecs, des vrais ! » nous confie Franck, un steward français, fanatique de Buenos Aires, qui s’est acheté un pied à terre en plein Palermo.

Les vagues successives d’immigration essentiellement italiennes et espagnoles, mais également polonaises et allemandes, sont venues  se mêler aux amérindiens, habitants historiques du pays, générant une diversité « ethnique » inédite en Amérique du Sud. Résultat de ces mélanges, une des plus fortes densités de bombes sexuelles de la planète ! Sans compter qu’ici comme au Brésil, tous les hommes, gays et hétéros, sont soucieux de leur image et s’entretiennent dans les parcs et les nombreuses salles de gym que compte la ville.  Ce n’est pas le seul point fort de Buenos Aires. Á la fois moderne et conservatrice, la ville a de multiples atouts pour vous séduire. Palermo, le quartier « bobo » qui aligne une multitude d’énormes maisons du début du siècle, transformées en restaurants branchés à la décoration soignée ou en boutiques de mode dignes des quartiers les plus « hype » de Londres ou Berlin. San Telmo, l’un des plus vieux quartiers, et ses rues pavées, ses antiquaires et bars à tango. La Recoleta, quartier bourgeois dont l’architecture haussmannienne vaut à la ville le surnom de « Paris d’Amérique Latine ». Ou encore Puerto Madero, le quartier des docks et ses bâtiments industriels qui abritent désormais les appartements et les hôtels les plus chers du pays.  Coté gay, la large palette de sorties que propose la capitale argentine n’a (presque) plus rien à envier aux capitales européennes. Il y en a pour tous les gouts. Clubs électro et glamour ou les mecs se trémoussent torse-nu, soirées pop et punk festives où s’éclate la jeunesse porteña, salons de tango gay… Sans oublier une boite perdue en pleine Pampa, rendez-vous des gauchos gays, où la soirée bear qui réunit plus de 500 personnes chaque semaine. Pour les moins timides, plusieurs « sex bars » ont vu le jour. Et viennent s’ajouter aux vieux cinémas pornos, vestiges de la dictature militaire, époque ou la répression avait poussé les homos à trouver de nouveaux lieux de rencontre.    Avant de revenir à Buenos Aires, Camilo a vécu en Espagne. « J’ai adoré Barcelone. Mais paradoxalement, dans une société aussi ouverte, j’ai trouvé que les gens s’enfermaient dans un ghetto. Ici, c’est tout le contraire. La nuit gay porteña est très attachée à la mixité. Il n’y a d’ailleurs pas de quartier gay.» explique-t-il. Une mixité qui va parfois plus loin. « La bisexualité est ici plus développée. Même les hétéros sont plus ouverts à de nouvelles expériences » souligne Franck, qui se souvient encore d’une récente aventure avec un maçon qui travaillait sur un chantier voisin.  Autre caractéristique de la ville, l’humour des porteños. Au pays de Mafalda, c’est une composante nécessaire à toute relation sociale, que cela soit avec son mec, ses amis ou son boucher. « Malgré les difficultés économiques et politiques récurrentes que notre pays connait, on essaye de garder notre joie de vivre et notre énergie. L’Argentin est cynique mais jamais blasé ! » nous explique Carlos, jeune designer de San Telmo.  Last but not least, le taux de change hyper favorable (2) vous donnera un pouvoir d’achat qui vous fera oublier, pour un instant, que vous traversez la crise économique la plus violente de votre vie. Alors profitez des dernières semaines de l’été austral pour goûter à la chaleur de Buenos Aires…et de ses habitants !  (1) Porteño : nom donné aux habitants de Buenos Aires, de « puerto », le port. (2) Un Euro = 4,5 pesos argentins. 3 adresses gays incontournables à Buenos Aires. 

Zona X. En mal de sensation forte ? Direction, Suipacha ! A une heure trente de route de Buenos Aires, ce village planté en pleine Pampa est le point de rencontre des « gauchos gays ». La boite, Zona X, est une grange aménagée où se réunit chaque semaine une faune surréaliste : gauchos, ouvriers agricoles, camionneurs de passage, travestis, jeunes agriculteurs mariés… L’ambiance est conviviale et authentique. « Ici, tout peut arriver !» résume Facundo, l’un des propriétaires. Sur le dancefloor, sur le bar, dans la backroom (qui ne désemplit pas) et même dans les champs voisins. « C’est un peu notre brokeback mountain à nous ! » ajoute-t-il. Incontournable. 

Zona X, Ruta 5, km 128, Suipacha. (54) 9 11 6598 3483. Tous les jeudis et samedis, à partir de minuit. http://www.xzonax.com.ar/ 

La Plop / Ambar La Fox 

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Deux soirées, un seul concept : de la pop, de la pop et encore de la pop. C’est les rendez-vous préférés de la jeune génération de porteños, gays et lesbiennes, qui contrairement a leurs grands frères trentenaires, assument totalement leur sexualité. Ici, on s’éclate sur de la pop commerciale, latino et américaine. Sur la scène, spectacles rétro avec chanteuses décadentes ou chorégraphies punk délirantes se succèdent. Deux soirées qui sentent bon la liberté et le défoulement. L’entrée et les boissons sont très bon marché, en adéquation avec le budget de la clientèle, qui revient chaque semaine en plus grand nombre. Armez-vous de patience, la queue à l’entrée est souvent très, très longue. 

Fiesta Plop, El Teatro, Rivadavia 7806. Tous les vendredis, à partir de minuit.  Ambar la Fox, The Roxy, à l’angle des avenues Alvarez Thomas et Federico Lacroze, tous les samedis, à partir de minuit. 

La Marshall, milonga gay. 

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Ne manquez pas le rendez-vous des fans de tangos à la Marshall, qui fut la première milonga gay et lesbienne de Buenos Aires. Tout les mercredis, un public d’aficionados argentins et de touristes novices se retrouvent pour danser au son du bandonéon. Vous verrez évoluez d’excellents couples sur la piste et pourrez aussi prendre votre premier cours de tango. Si vous ne passez pas votre temps à regarder vos pieds, vous pourrez même croiser les regards charmants de spectateurs, garçons et filles, prêts à pardonner votre style très approximatif. Drague douce et légère. 

La Marshall, Maipú 444 – Tel: (54) (011) 49129043 – (54) 9 11 54583423. Tous les mercredis 22h00. http://www.lamarshall.com.ar 



« L’AUTRE AMÉRIQUE » : 3 DESTINATIONS HORS DES SENTIERS BATTUS. (paru DANS PREF MAG #29 – Nov 2008)
23 octobre, 2008, 6:19
Classé dans : Argentine,Colombie,Florianopolis,gay brasil,Medellin,Rosario

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Rio de Janeiro, Buenos Aires, Punta del Este… L’Amérique du Sud est depuis quelques années une destination en vogue. PREF, qui ne fait jamais rien comme les autres, vous propose d’aller un peu plus loin, et de découvrir d’autres villes de ce continent magique, moins connues, moins mythiques, mais qui valent assurément le détour. Un petit tour en trois étapes. Sur les bords du Paraná á Rosario, en Argentine, les pieds dans le sable de Florianópolis au Brésil, puis la tête dans les nuages qui s’accrochent aux cimes de Medellin, en Colombie.

ARGENTINE : Rosario, les pieds dans l’eau                                                                                                           

A quatre heures de route Buenos Aires, dans la province de Santa Fé, Rosario, capitale agricole du pays étend ses immeubles le long du fleuve Paraná. C’est la troisième ville la plus peuplée d’Argentine.  Elle est connue pour abriter le fameux monument au drapeau, un site historique d’inspiration néo-classique qui commémore la création du drapeau argentin et par extension l’indépendance de l’Argentine. Les bords du fleuve Paraná ont été aménagés en petites plages sauvages qui rendent l’été fort agréable dans cette ville au climat sec. Les habitants ont pris l’habitude de rompre leur routine urbaine en venant se prélasser au bord du « río ». On y accéde en prenant un bateau bus, qui en plus vous permet d’admirer la « skyline » de la ville. Et lorsque vous vous promenez sur la plage, vous vérifierez rapidement la réputation des habitants de la ville, connus pour être les plus sexy d’Argentine. La densité de bombes sexuelles est l’une des plus élevées d’Amérique du Sud. Attention, les argentins sont sexy, machos et adorent séduire… Cela ne veut pas dire pour autant qu’ils soient partants pour aller plus loin… Si vous souhaitez néanmoins tenter une approche avec un « rosarino », vous pourrez le faire dans l’excellent club gay de la ville, « Gotika ». Deux vastes pistes de danse pleines à craquer le samedi (beaucoup d’argentins de Buenos Aires et Cordoba viennent régulièrement passer le week-end ici) et un grand patio très agréable en été, qui permet d’entamer la conversation sans détruire le tympan de votre interlocuteur. En plus, les gens sont ici accessibles et souriants, ce qui ne gâche rien.

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Informations Rosario : 

Club GOTIKA – http://www.gotikacityclub.com.ar/

Ville de Rosario : www.rosarioturistica.com.ar/turismo 

BRESIL: Florianópolis, Ilha da magia. 

Rio de Janeiro est une ville à part, une destination mythique. Mais parfois les mythes, ca fait peur  ou pire, ca ennuie. Si c’est votre cas, nous vous recommandons de visiter sa petite cadette… Florianópolis ! Une ile située au sud du Brésil entre Porto Alegre et Curitiba, un petit écrin vert et azur…

Moins sophistiquée et agitée que Rio, l’ile de Florianópolis (Floripa pour les intimes) offre une variété de plages et de paysages totalement inédits dans cette partie de Brésil. La nature est omniprésente et les chemins côtiers permettent de prendre un peu d’altitude et d’apprécier la beauté des plages. Si le lieu est encore peu connu en Europe et aux Etats-Unis, c’est un endroit de villégiature très en vogue chez les brésiliens et le reste des pays du Mercosur.  Chaque plage a une identité sociale forte. Jurere international pour les acteurs de telenovelas et les people glamour, Joaquina pour les surfeurs et les sportifs de plein air, Ingleses pour les touristes argentins, Campeche pour les amoureux de la nature et du calme. Last but not least, la praia Mole (prononcer « Moli »), l’une des plus belles de l’Ile est le repère des gays. « Ici, on dit que c’est la deuxième plage gay du Brésil après Ipanema » nous explique Joao, un surfer local. En été, la plage est bondée et l’ambiance est loin d’être aussi coincée qu’a Ipanema. Les gens sont plus détendus, plus souriants. Les pieds dans le sable, vous pouvez déguster une caipirinha au Bar do Deco, une paillote située en bout de plage. L’Ile reçoit chaque année un important flux de touristes brésiliens provenant des grands centres urbains voisins comme Sao Paulo, Porto Alegre et Curitiba, à la recherche d’une alternative aux plages Carioca.

Afin de circuler plus facilement et d’apprécier toute la diversité des plages, il est fortement recommandé de louer une voiture. Pour les plus routards, un service de bus relativement efficace permet également de passer d’une plage à l’autre.

Et si la plage ne vous suffit pas, la ville dispose également de quelques bons endroits de sortie. On vous conseille notamment « Concorde », LA boite gay de la ville. Si vous n’avez pas osé aborder un beau surfeur sur la plage Mole, ce sera peut être le lieu de la deuxième chance…Particularité de l’endroit : une partie de la piste est une plateforme circulaire qui tourne sur elle-même. Et permet de vous montrer sous toutes les coutures. C’est drôle même si on a parfois l’impression de se transformer en Fiat Uno en exposition au Mondial de l’auto

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Informations Florianópolis :

http://www.gaytravelbrazil.com/florianopolis/home.html 

http://www.guiafloripa.com.br 

COLOMBIE : Medellin, dynamique et vertigineuse.

Medellin, un nom qui fait frémir. Pendant longtemps, Medellin, ce furent les cartels de la drogue, Medellin, ce fut Pablo Escobar, le narcotrafiquant le plus médiatique de la planète, abattu en direct  à la télévision par l’armée colombienne dans les années 90. Mais Medellin a changé. Les cartels ont été dissous depuis longtemps et l’ambiance est redevenue paisible. La violence encore associée à cette ville (magnifiée dans « La vierge des tueurs », livre de Fernando Vallejo, adapté au grand écran par Barbet Schroeder) effraie les touristes qui ne sont que très peu nombreux à s’aventurer en Antioquia (département dont Medellin est la capitale). Et pourtant cette ville énorme (la deuxième plus importante de Colombie derrière Bogotá) vaut le détour. Imposant centre urbain au cœur d’une vallée bordée de montagnes imposantes, coupé en deux par un large fleuve éponyme, Medellin est en pleine mutation. Parcs thématiques, musées interactifs, bars branchés, défilés de mode, transports urbains modernes, la ville semble déterminée à fermer le chapitre de la drogue et de la violence pour s’abandonner à la créativité de ses habitants. La ville natale de Botero s’impose peu à peu comme la capitale artistique et culturelle du pays. Du haut des montagnes voisines ou du funiculaire urbain, on prend conscience de la mosaïque sociale qui compose Medellin, où tours ultramodernes jouxtent de modestes maisons de briques.

Pendant prés de deux siècles de colonisation espagnole, Medellin a reçu un flot constant de migrants européens. Cette vague migratoire a généré un melting pot qui confère à la ville un autre atout très particulier… La beauté de ses habitants. Medellin, c’est le berceau de la grande majorité des mannequins, filles et garçons, de Colombie. Toute colombienne normalement constituée rêve de rencontrer un beau paisa (nom donné aux habitants de l’Antioquia), un classique des télénovelas locales.  Les gens ici sont accueillants, fiers de leur ville et plus fiers encore de pouvoir vous la faire découvrir. Un tempérament méridional loin de la froideur de Bogotá. L’autre bonne nouvelle, c’est que la vie gay paisa est en plein boom. Parmi les bons plans, on vous recommande le bar San Marcos, une grande maison ancienne et son patio très agréable (forte fréquentation le dimanche soir). Coté clubbing, deux adresses á la mode : Splash, boite électro située dans une zone industrielle, ou se retrouvent beaucoup de mecs mignons qui se saoulent en buvant cul sec de l’Agua ardiente, la boisson locale. Et l’incontournable, « Viva », la plus récente et la plus grande boite gay de la ville. Plus « mainstream » que la précédente, elle est réputée pour ses productions et pour la qualité de ses shows, le lieu idéal pour s’initier à la « rumba » colombienne.

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Informations Medellin :  http://gay.com.co/news/127/ARTICLE/1096/2008-10-02.html http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=228190573



FICTION TOURISTIQUE : JULES ET JIM… À BUENOS AIRES (publié dans GUS nº39 « Good Fortune »)
23 février, 2008, 15:28
Classé dans : Argentine,Buenos Aires,Gay,gay Buenos Aires,GUS

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Le beau sourire du douanier de l’aéroport d’Ezeiza m’a déja fait oublier les quatorze heures de vol qui viennent de nous déposer au pays des gauchos, du tango et d’Evita. 

J’y vois un bon présage sur ce qui nous attend durant notre séjour argentin. En plein mois de novembre, nous quittons l’aérogare en tee-shirt. C’est notre première virée dans l’hémisphère sud. Direction, l’hôtel Axel, le nouvel hôtel « heterofriendly » qui, après le succès de la version catalane vient d’ouvrir ses portes à Buenos Aires, dans le quartier historique de San Telmo. L’hôtel est un curieux mélange de verre et d’acier qui valorise les reflets et la transparence. Une ambiance propice aux échanges et aux rencontres. Nous découvrons notre chambre, assez petite, mais moderne et très confortable. Elle a une vue imprenable sur la piscine du patio et sur trois mecs qui barbotent et qui plaisantent dans une langue que je ne comprends pas. « C’est du brésilien » me dit Jim. Buenos Aires n’est apparemment pas à la mode qu’en Europe. C’est aussi une des destinations favorites des paulistes qui veulent fuir pour un week-end l’enfer urbain de Sao Paulo. Ils nous font signe de les rejoindre. « On aura bien le temps de sympathiser » s’agace Jim, impatient d’aller découvrir la ville.

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On saute dans l’un des innombrables taxis jaune et noir qui rythment la ville, direction Palermo, le quartier ou se concentrent restaurants, bars et magasins de fringues branchés. Le petit plateau repas aseptisé d’Air France est déjà un lointain souvenir. Nous nous installons sur la petite terrasse du « Miranda », une « parilla » (1) (prononcer « paricha » en Argentin) au design moderne et aéré située en plein cœur de Palermo Hollywood, histoire d’éprouver le fameux mythe de la viande argentine. Examen réussi. Les steaks sont énormes et incroyablement tendres. « Le secret de notre viande, c’est un bétail élevé au grand air et une cuisson sur une grille lentement chauffée depuis le matin » nous explique Diego, notre charmant serveur.  Nous passons le reste de l’après-midi à flâner dans Palermo, qui aligne d’énormes maisons multicolores du début du siècle transformées en boutiques de design ou en cafés branchés. Nous sommes au cœur du Buenos Aires bobo. Jim s’étonne de la beauté des argentins que nous croisons au cours de notre ballade. Un mélange de sang espagnol, italien, allemand, polonais et amérindien qui donne des résultats détonants. Comme en Italie, les mecs se regardent, se jaugent, se comparent. Hétéros ou homos, ici, on ne fuit pas le regard de l’autre, on le cherche, on l’intercepte, on le capture. Le soleil tombe sur la plaza Cortázar, la place principale de Palermo Viejo ou se mêlent artisans hippies, étudiants branchés et voyantes gitanes. Nous rentrons à l’hôtel, histoire de reprendre des forces avant la longue nuit qui nous attend.  C’est que Buenos Aires, fière de son héritage espagnol, a repris à son compte le rythme des nuits ibériques : ici on dine à 23h00 et on évite si possible de se pointer en boite avant 02h00 du matin… Malgré mes quelques kilos superflus, je suis bien décidé à essayer la piscine couverte de l’hôtel, située au dernier étage du bâtiment. Sa particularité intimidante : le fond du bassin est en verre transparent. Ou comment devenir en une seconde le sujet de conversation de tous les clients de l´hôtel qui vous matent depuis les étages inférieurs… Après une courte sieste, on se dirige à pieds vers l’ancienne zone des docks qui connait un boom immobilier sans précèdent, Puerto Madero. Les vieux bâtiments de brique qui longent le canal central abritent désormais les appartements les plus chers de la ville. C’est à Puerto Madero que se trouve l’hôtel Faena, palace cinq étoiles réfugié dans un magnifique bâtiment industriel entièrement décoré par Philippe Starck. Un long couloir en parquet nous mène vers le « Library Lounge », le bar de l’hôtel, au style Belle Epoque. Nous restons ébahis par les lustres en cristal imposants et prenons place sur un canapé Chesterfield châtaigne. Tout le Buenos Aires chic semble se retrouver ici. Nous sommes probablement assis parmi quelques stars locales qui pour nos yeux étrangers ne sont que des inconnus friqués. Quelques touristes moyens comme nous semblent également profiter du taux de change hyper favorable pour venir prendre un verre dans cet écrin de brique et oublier pour un instant leur 35 m2 à Boulogne. faenaentrance.jpg

Retour à Palermo, direction « Chueca », le resto/bar incontournable de la scène gay porteña. C’est l’un des rares lieux gays de la ville à avoir pignon sur rue et à assumer totalement le style de sa clientèle. L’endroit est moderne et plutôt obscure. Un joli serveur (Français !) nous accueille et nous guide vers une petite table dans un coin de la salle. Un détail, Chueca fait le plein tout les week-ends pour ses fameux shows de drag-queens. « Un spectacle de drag-queens…pfff… complètement dépassé » grogne Jim, sceptique. En attendant, les plats sont copieux, le service est impeccable et nos voisins de tablée (des Argentins de Córdoba) sont charmants. Ils nous rassurent sur l’ambiance du lieu et sur le fameux spectacle. Et ils font bien. Loin des traditionnels playbacks de Barbra Streisand ou Cher, le spectacle est une succession de sketches, parlés ou musicaux, teintés d’autodérision. Les gens sont hilares, y compris Jim, qui ne comprend pas un mot d’espagnol. Le spectacle terminé, nous passons au premier étage où se situe le bar qui a déjà été pris d’assaut par la faune locale. Le vin de Mendoza commence à faire effet et me voilà en train de sonder un petit groupe de mecs, dans un espagnol approximatif mais fluidifié par l’alcool, sur le meilleur endroit pour poursuivre la soirée. « A Alsina, évidemment » me glisse Marcelo, le plus mignon d’entre eux. Nous embarquons dans un taxi avec nos nouveaux amis, direction Alsina, donc. L’endroit est une institution de la vie nocturne de Buenos Aires. Il vaut à lui seul le détour. Un magnifique bâtiment industriel du dix-neuvième siècle aménagé sur trois niveaux, décorés de rideaux de velours rouge, d’immenses miroirs et de lustres grandioses. Les argentins en sont très fiers. En y réfléchissant, je me dis que Paris n’a pas de lieu comparable… La musique, un peu décevante est compensée par l’ambiance festive et par la quantité de bombes qui s’agitent sur le parquet lumineux. Marcelo avait raison, Alsina était le bon choix. Pour le remercier du conseil, nous l’invitons à connaitre l’hôtel Axel. Il accepte. Nous rentrons à l`hôtel à pied, grisés par la lumière rose du matin sur San Telmo et par le moment qui nous attend une fois arrivé à la chambre. 

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Samedi matin, 11h00. Jim me réveille. « Il est tôt mais notre temps est compté dans cette ville » s’excuse-t-il. On grimpe dans un taxi, direction Recoleta, le quartier le plus chic de la ville, qui se caractérise par son architecture haussmannienne. C’est cette zone qui confère à la ville son surnom de « Paris d’Amérique du Sud ». Sur l’avenida Alvear, se concentrent d’immenses manoirs du siècle dernier et les boutiques les plus chics de la ville. Au bout de l’avenue, se trouve le cimetière de Recoleta qui abrite la discrète tombe d’Evita Perón, la femme du peuple et des opprimés paradoxalement enterrée au cœur du quartier le plus riche de la ville. La faim nous fait passer une discrète porte-cochère qui nous conduit vers Milión, un des restaurants les plus originaux de la ville. Son cadre, une magnifique maison bourgeoise construite en 1912 qui appartenait à une richissime famille allemande immigrée. Parquets, mobilier, plafond, tout a été conservé en l’état. Le restaurant, à la carte réduite mais originale, s’étend à toutes les salles de l’édifice. Le soir, des D.J. mixent en live, et l’endroit se transforme en before apaisant. Le jardin est un petit oasis de verdure au cœur du tumulte porteño. Le reste de l’après-midi, nous le passons à l’hippodrome de la ville ou se déroule comme chaque printemps l’Open de Polo, un tournoi, qui loin d’être populaire (Sarah Ferguson en est une assidue spectatrice), consacre un sport beaucoup moins élitiste qu’en Europe. Les tribunes sont remplies, quelques chapeaux bien sur, mais surtout beaucoup de jeunes de classes moyennes et de gauchos amateurs de polo. Jim est fasciné par la beauté des chevaux, moi je le suis davantage par ceux qui les montent. Et je me dis que le Prince Charles était décidément un bien pauvre ambassadeur pour ce sport…

Samedi soir. Diner léger et succulent chez Thymus, petit restaurant discret qui occupe l’ancienne maison du sculpteur argentin Martín Vergara. Le menu est original et met en avant la fusion des saveurs. Magret de canard à la crème de mais et au vinaigre de canne pour Jim, truite de Patagonie au bouillon d’orange et poivre vert pour moi. Nous sommes d’attaque pour sortir. Direction Pachá, LA boite électronique de Buenos Aires. Le club ressemble à un grand yacht blanc. Il se trouve sur la Costanera, au bord du Río de la Plata (fleuve immense qui sépare l’Argentine de l’Uruguay). La boite est pleine à craquer. Public mixte et jeune, provenant essentiellement des banlieues aisées de la Zone nord. Outre ses trois salles, la boite possède un dancefloor extérieur et plusieurs terrasses qui communiquent entre elles, toutes avec vue sur le fleuve. La qualité du son est exceptionnelle. Je prends Jim par la main et le conduit droit vers la zone gay (la mixité a des limites). Beaucoup de mecs, la trentaine, lunettes noires sur le nez et épaisse chaine en acier autour du cou. Une particularité du lieu, par respect pour le public féminin, il est interdit… de retirer son tee-shirt ! Jim est frustré de ne pouvoir montrer son kit tout muscle, moi je suis ravi de pouvoir dissimuler mes poignées d’amour. Quand on vous dit que la mixité a du bon ! On termine la soirée sur la terrasse, réchauffés par le lever de soleil sur le fleuve.

Pour notre dernière matinée à Buenos Aires, nous flânons dans les rues pittoresques de San Telmo. Chaque dimanche, le quartier s’anime et accueille musiciens, chanteurs et danseurs de tango. La petite plaza Dorrego devient un grand marché d’antiquité à ciel ouvert et attirent des centaines de badauds à la recherche de leur passé. Nous faisons une halte rapide dans le Pride Café, un bar à l’ambiance conviviale où touristes et locaux viennent bavarder autour d’un café. Puis reprenons notre marche sur Defensa, magnifique rue pavée fermée à la circulation et réservée aux stands d’artisans et au théâtre de rue. Mais le temps file et il nous faut déjà penser au départ. Direction, les grands glaciers de Patagonie. Nous quittons la ville à regret. « Bah, on revient pour quelques jours dans une semaine » se console Jim. Moi, je me dis que j’y passerais volontiers le reste de ma vie.

(1) : restaurant de viandes grillées, les « parillas » sont une institution dans tous le pays.

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